Un nouveau rapport parle de racisme et de sexisme au musée des droits de la personne

WINNIPEG — Un deuxième rapport portant sur des allégations de racisme et d’homophobie au Musée canadien pour les droits de la personne, à Winnipeg, révèle d’autres plaintes de harcèlement sexuel ainsi qu’une tendance raciste visant précisément les hommes noirs.

Ce nouveau document produit à la suite d’une enquête externe indique que la consignation des diverses plaintes a été mal exécutée et de manière décentralisée au lieu de les regrouper. On soulève également des inquiétudes face à l’inaction de la direction, qui n’est jamais intervenue.

La présidente et chef de la direction du musée, Isha Khan, a mentionné lors d’une entrevue avec La Presse Canadienne que ce nouveau rapport est inquiétant, mais qu’elle croit qu’un changement de mentalité est en train de s’opérer.

«Certaines des expériences racontées dans ce rapport sont profondément choquantes, a reconnu Mme Khan. C’est pourquoi nous devons travailler — et c’est ce que nous faisons actuellement — pour nous assurer que nous offrons un environnement où tous nos employés se sentent respectés et en sécurité.»

Le rapport contient deux nouvelles plaintes de harcèlement sexuel qui n’avaient jamais été révélées, ainsi que plusieurs nouvelles allégations de racisme.

«Il y a une tendance qui se dégage voulant que du racisme basé sur le genre vise les hommes issus des minorités visibles au musée, et particulièrement les hommes noirs, souligne le rapport. (…) Certains hommes noirs sont stéréotypés comme étant dangereux et pouvant être des prédateurs.»

Un homme cité dans le rapport a confié devoir «passer beaucoup de temps et d’énergie à (se) protéger».

«Je ne peux rien bâtir à long terme au travail parce que tout ce que je fais, c’est me protéger», a-t-il ajouté.

Le musée a été visé par des dénonciations en ligne, l’an dernier, par des employés actuels et anciens. Ceux-ci avaient réagi à une publication de l’institution au sujet d’une photo d’un rassemblement du mouvement «Justice for Black Lives» (Justice pour la vie des Noirs).

Les employés mécontents avaient qualifié l’institution d’hypocrite en faisant la promotion du rassemblement alors que son propre personnel est victime de racisme au travail.

D’autres ont aussi révélé que du contenu faisant état de la lutte pour les droits des personnes LGBTQ avait été censuré à la demande de certains groupes scolaires.

Mme Khan a confirmé que tous les membres du personnel ont reçu une copie du rapport. Elle a aussi écrit dans une note d’information transmise au personnel que des changements ont déjà été mis en place au musée et que le travail se poursuit pour mettre fin à l’oppression qu’ils subissent.

«Nous avons la responsabilité commune de travailler ensemble pour changer les choses, a écrit Mme Khan dans sa note interne. Nous devons être patients à certains moments, et travailler plus fort à certains autres.»

L’avocate Laurelle Harris, de Winnipeg, avait été embauchée l’année dernière pour réaliser l’enquête externe. Son rapport préliminaire a été publié l’été dernier.

À la suite de la publication du document, le musée a mis en place plusieurs mesures, dont des formations pour les employés et un nouveau code de conduite pour les visiteurs. Le musée a aussi passé en revue les objets qui y sont exposés.

Le deuxième rapport de Me Harris, rendu public lundi, a été rédigé à la suite de 35 entrevues avec des employés actuels et anciens.

Il contient plusieurs nouvelles recommandations, dont le développement d’une procédure plus étoffée pour la gestion des plaintes de harcèlement sexuel.

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