Un nouveau satellite cartographiera l’eau de la Terre

LOS ANGELES — Lancé vendredi matin, un satellite franco-américain auquel a aussi contribué l’Agence spatiale canadienne aura comme mission de cartographier pratiquement tous les océans, tous les lacs et toutes les rivières de la planète.

La fusée Falcon 9 de SpaceX a décollé avant l’aube de la base de Vandenberg, en Californie.

Surnommé SWOT — l’acronyme de «Surface Water and Ocean Topography» (topographie des surfaces d’eau océaniques et continentales) —, ce satellite jouera un rôle de premier plan au moment où les changements climatiques aggravent les sécheresses, les inondations et l’érosion côtière, selon des chercheurs.

Des cris de joie et des applaudissements ont retenti dans les centres de contrôle américain et français après la réussite du lancement.

«Nous allons voir l’eau de la Terre comme nous ne l’avons jamais vue auparavant», a dit Nadya Vinogradova-Shiffer, une gestionnaire de programmes de la NASA.

Ayant environ la taille d’un VUS, le satellite mesurera le niveau de l’eau sur plus de 90 % de la surface terrestre, ce qui permettra aux chercheurs de suivre les fluctuations et d’identifier les régions potentiellement menacées. Il examinera aussi des millions de lacs et plus de deux millions de kilomètres de rivières, d’amont en aval.

Le radar enverra des pulsions radar vers la Terre. Les signaux qui rebondiront seront captés par deux antennes situées aux extrémités d’un mât de dix mètres.

L’Agence spatiale canadienne a fourni à la mission des klystrons à interaction étendue pour le radar principal de la NASA. Cet élément amplifie le signal du radar, qui pourra ainsi mesurer les menus détails de la topographie de la surface des océans et permettra de suivre l’évolution des étendues d’eau au fil du temps, a-t-on expliqué par voie de communiqué.

«Avec les données de la mission SWOT, des chercheurs canadiens se pencheront sur des questions climatiques urgentes telles que la disponibilité des ressources en eau douce et l’évolution des océans, des côtes et des eaux continentales, a précisé l’ASC. Ces données serviront aussi dans les domaines suivants : sécurité maritime, gestion de l’eau, surveillance environnementale, pêche, transport maritime et développement durable dans le Nord. Les données de la mission SWOT seront ouvertes.»

Les données de la mission SWOT pourraient contribuer à améliorer la prestation de nombreux services liés à l’eau au Canada, comme la navigation, les prévisions météorologiques et les systèmes d’annonce de crue, selon l’agence spatiale.

Des chercheurs canadiens s’intéressent aussi aux ressources en eau des communautés nordiques, à l’approvisionnement en eau propre, aux estuaires, aux zones côtières, aux marées, à l’hydroélectricité ainsi qu’aux courants et aux vagues des océans.

Le satellite devrait être en mesure de détecter des courants et des revolins de moins de 21 kilomètres de large, ainsi que les régions de l’océan où se rencontrent des eaux ayant des températures différentes.

La flotte actuelle de satellites d’observation de la Terre de la NASA n’est pas en mesure de détecter des caractéristiques aussi petites. Et si ces satellites plus anciens peuvent cartographier les lacs et les rivières, leurs mesures ne sont pas aussi détaillées, a dit le chercheur Tamlin Pavelsky, de l’Université de la Caroline du Nord.

Mais plus que tout, le satellite dévoilera l’emplacement et la rapidité de la hausse du niveau des mers et la transformation des côtes ― deux informations cruciales quand vient le temps de protéger les vies et les biens. Il couvrira le globe de l’Arctique à l’Antarctique au moins une fois toutes les trois semaines, en orbite à presque 900 kilomètres d’altitude. La mission devrait durer trois ans.

La mission de 1,2 milliard $ US représente l’aboutissement de vingt ans de collaboration entre la NASA et le Centre national d’études spatiales de la France. L’Agence spatiale du Royaume-Uni y a aussi contribué.

Déjà recyclé, le premier étage du lanceur est revenu à Vandenberg huit minutes après le décollage et sera un jour réutilisé.

Quand le double bang supersonique a retenti, «tout le monde a sauté en l’air, c’était incroyable. Quelle matinée!», a lancé Taryn Tomlinson, une directrice des programmes terrestres pour l’ASC.

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