Un nouvel outil de déblocage coronarien utilisé en primeur canadienne à Montréal

MONTRÉAL — Un tout nouveau microcathéter appelé Mamba, conçu pour améliorer et faciliter le déblocage des artères coronariennes, a été utilisé cette semaine pour la première fois au cours d’une intervention chirurgicale au Canada, à l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal.

Le fabricant de ce nouvel outil médical, la société américaine Boston Scientific, a approché le cardiologue montréalais Raja Hatem pour cette première canadienne. Le Dr Hatem détient une sur-spécialité dans les interventions à haut risque et a déjà pu manipuler les outils de la gamme Mamba lors d’une démonstration du produit au Texas.

De plus, l’hôpital Sacré-Coeur se veut un centre à la fine pointe en matière de cardiologie interventionnelle, ce qui lui donne accès à certaines primeurs à l’occasion du lancement de nouveaux outils technologiques.

La gamme de micro-cathéters Mamba est déjà utilisée aux États-Unis et en Europe, mais c’est à Montréal que l’équipement a servi pour la première fois sur une patiente au Canada. L’opération a eu lieu mercredi en fin d’avant-midi et s’est avérée un succès aux dires du Dr Hatem.

«On a eu besoin de plus de trois heures, c’était très difficile comme cas, mais la technologie a fait le travail», a commenté le cardiologue en entrevue téléphonique tout juste après l’intervention.

«C’était une occlusion très calcifiée, dure comme une roche, donc on a dû passer l’occlusion et ensuite faire du « Rotablator ». C’est une fraise qui tourne à 160 000 tours minute pour enlever le calcium et nous permettre d’amener de l’équipement pour finir de débloquer l’artère», a-t-il décrit.

Le Dr Hatem explique que de façon régulière, les artères coronariennes vont être bloquées par une accumulation de plaques de cholestérol qui entraîne un infarctus aigu ou ce qu’on appelle une crise cardiaque. Le cholestérol reste cependant une matière plus malléable et plus facile à nettoyer à l’intérieur de l’artère une fois que le patient se retrouve en salle d’opération.

Toutefois, certains patients développent une occlusion coronaire chronique sur de longues années et la matière tend alors à se calcifier à l’intérieur de l’artère. C’est ce qui complique grandement le travail des cardiologues et c’est précisément dans ces cas complexes que se spécialise le Dr Hatem qui a étudié cet aspect à l’Université Columbia, à New York.

Un microcathéter robuste et effilé

Dans le cas où les artères d’un patient sont lourdement calcifiées, les microcathéters réguliers ont de la difficulté à résister à la matière et à percer l’occlusion.

D’après le Dr Hatem, il n’est d’ailleurs pas rare que le bout du microcathéter se brise pendant l’intervention ce qui force le cardiologue à devoir interrompre la procédure pour récupérer l’outil avant d’insérer un nouvel appareil et de poursuivre le travail.

«En ce qui concerne le Mamba, ce qu’il y a d’assez unique, c’est que le bout est beaucoup plus solide. De plus, grâce au profil très effilé du microcathéter, sa capacité à passer au travers d’un blocage sévère est excellente», avait précisé le médecin montréalais quelques jours avant la première intervention utilisant le nouvel outil.

Constat post-opératoire, le Mamba a répondu à l’appel et s’est montré à la hauteur des attentes au goût de Dr Hatem.

«Il a fait exactement ce qu’il devait faire en théorie. C’est-à-dire me donner le plus de support dont j’avais besoin pour franchir l’occlusion et son profil plus étroit m’a permis de passer à travers l’occlusion.»

Si le médecin spécialiste n’est pas en mesure d’affirmer que l’outil a permis de réduire le temps de l’intervention, le médecin croit que son efficacité aura certainement un impact en ce sens. Un avantage non négligeable pour le patient.

«Plus on traverse la lésion rapidement, plus on débloque l’artère rapidement et moins on a de chances de créer de complications pour le patient», souligne-t-il en confirmant que le Mamba ferait désormais partie de sa boîte à outils.

Une patiente en confiance

La Presse Canadienne a pu s’entretenir avec Mme Nicole Massicotte, la première patiente à bénéficier du Mamba au Canada. La femme de 68 ans souffre de problèmes cardiaques depuis plusieurs années. Elle a notamment subi un AVC en 2011 et depuis un an, elle vit avec des douleurs liées à l’angine.

C’est à la suite d’un examen de santé qu’on lui a diagnostiqué «de l’angine silencieuse», confie-t-elle. Cette condition la mettait particulièrement à risque et nécessitait une intervention rapide. Elle a appris à ce moment qu’elle serait la première à bénéficier du nouvel outil de déblocage coronarien.

«On m’a expliqué que les chances de réussite étaient de 90 %, alors c’est très rassurant», a commenté la patiente qui disait se sentir sereine et confiante.

Disant se sentir très fatiguée, en raison de sa condition, Mme Massicotte mentionnait avoir hâte de reprendre la marche active et de remonter sur son vélo.

D’après son médecin, elle devait pouvoir rentrer à la maison au plus tard 48 heures après l’intervention.

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