Un officier d’Ottawa ne peut pas dire si la loi d’exception était nécessaire

OTTAWA — Un officier supérieur de la police d’Ottawa affirme que la Loi fédérale sur les mesures d’urgence a été utile pour déloger les manifestants du «convoi de la liberté», mais il ne sait pas si elle était nécessaire.

Le surintendant Robert Bernier, qui a dirigé le centre de commandement de la police d’Ottawa pour une partie des manifestations de février, poursuit mercredi son témoignage devant la Commission sur l’état d’urgence.

La commission d’enquête publique vise à examiner la décision du gouvernement fédéral d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence trois semaines après le début de la crise et de déterminer si cette décision sans précédent était justifiée.

M. Bernier avait précédemment souligné aux audiences de la commission que dans les jours précédant le recours à la loi d’exception par le gouvernement fédéral, la police avait élaboré un plan opérationnel pour déloger les manifestants en s’appuyant sur les lois existantes.

Il soutient que la veille de l’annonce par le premier ministre Justin Trudeau du recours à la Loi sur les mesures d’urgence, la Police provinciale de l’Ontario pouvait compter sur 34 dépanneuses avec chauffeurs prêts à déplacer des véhicules qui bloquaient les rues autour de la colline du Parlement.

Les procureurs de la commission ont demandé plus précisément à M. Bernier s’il croyait que la loi fédérale était nécessaire pour déloger les manifestants. «C’est difficile pour moi de le dire», a répondu le surintendant. «Je ne sais pas quelles complications j’aurais eues si (la loi) n’avait pas été en place et si on avait utilisé la common law.»

M. Bernier a déclaré à la commission qu’il était d’accord avec l’évaluation du chef de la police par intérim d’Ottawa, Steve Bell, qui estimait que la loi avait été utile pour créer une zone d’exclusion dans la capitale fédérale. M. Bernier ajoute toutefois que la police avait déjà prévu de créer une telle zone d’exclusion en utilisant les lois existantes.

Dans le résumé d’une entrevue que M. Bernier a accordée à la commission avant sa comparution aux audiences publiques, le surintendant estime que la loi d’exception avait peut-être convaincu les manifestants de rester à l’écart du centre-ville d’Ottawa et de se conformer davantage aux directives de la police.

Plus tôt cette semaine, la commission a également présenté un courriel envoyé par la commissaire de la Gendarmerie royale du Canada, Brenda Lucki, au cabinet du ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, quelques heures avant l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence. Dans ce courriel, Mme Lucki écrit qu’elle ne croit pas que la police a épuisé toutes ses options.

Lors des audiences mercredi matin, M. Bernier a également partagé ce que la police avait vécu lorsque des centaines d’agents ont commencé à déloger les manifestants et leurs véhicules des rues d’Ottawa. Cette opération a commencé le 18 février, trois semaines après l’arrivée des premiers manifestants dans la capitale.

Le surintendant Bernier a expliqué que la police avait adopté une approche «lente, méthodique et légale» pour éliminer les rassemblements, car elle «ne voulait pas forcer une confrontation» et ne savait pas comment les manifestants réagiraient. Il a d’ailleurs soutenu qu’une fois l’opération amorcée, les policiers ont rencontré de la résistance et qu’au fil du temps, les manifestants sont devenus plus agressifs et instables.

En février dernier, la police a annoncé que plus de 100 personnes avaient été arrêtées et que plusieurs d’entre elles avaient été accusées de méfait.

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