Un organisme demande aux gouvernements d’exclure le privé du marché du plasma

HALIFAX — Un organisme canadien demande au gouvernement de la Nouvelle-Écosse d’interdire au secteur privé de vendre du plasma sanguin, parce que ce modèle dissuaderait les donneurs de sang volontaires et mettrait en péril la sécurité des patients.

Kat Lanteigne, de l’organisme «BloodWatch.org», a rencontré le personnel politique du ministre provincial de la Santé, Randy Delorey, pour que son gouvernement adopte une loi qui interdirait à des entreprises comme Canadian Plasma Resources de s’installer en Nouvelle-Écosse.

Canadian Plasma Resources a déjà obtenu une licence d’exploitation de Santé Canada, et Mme Lanteigne croit que cette entreprise songe à s’installer en Nouvelle-Écosse et en Colombie-Britannique. «BloodWatch.org» tente de convaincre les gouvernements de ces deux provinces d’imiter le Québec, l’Ontario et l’Alberta, qui interdisent la vente de sang, de plasma ou de tout autre tissu humain par une entreprise privée. Mme Lanteigne soutient que ces entreprises «volent» des donneurs volontaires au système public.

Le ministre Delorey, qui a déjà discuté de cette question avec le Syndicat des infirmières de la Nouvelle-Écosse, a indiqué mardi que son gouvernement n’avait pas encore fait son lit; il attend notamment la publication, ce printemps, d’un rapport d’experts de Santé Canada.

Canadian Plasma Resources possède déjà des cliniques de prélèvement au Nouveau-Brunswick et en Saskatchewan, qui versent 50 $ par don de sang.

Barzin Bahardoust, chef de la direction de Canadian Plasma Resources, soutient qu’environ 85 pour cent des produits dérivés du plasma sanguin utilisés au Canada sont fabriqués, de fait, à partir de plasma recueilli aux États-Unis contre rétribution.

«Le taux d’autosuffisance au Canada diminue constamment, et il vaudrait mieux, selon nous, pouvoir compter sur une industrie canadienne réglementée et supervisée par Santé Canada», a-t-il plaidé en entrevue.