Un père en quête de réponses, un an après la mort de son fils aux mains de policiers

Derek Francique garde toujours en tête son fils, qui a été tué il y a un an par la police régionale de Peel, en Ontario.

Il ignore pourquoi des policiers ont tenté d’arrêter Jamal alors qu’il prenait place dans une voiture à Mississauga, en Ontario, et il ne connaît pas non plus le nom de l’agent qui l’a abattu.

Jamal Francique compte parmi les 55 personnes atteintes par des balles tirées par les forces de l’ordre entre le 1er janvier et le 30 novembre 2020 au Canada. De ce nombre, 34 ont perdu la vie.

La Presse Canadienne a retracé chacune de ces fusillades à l’aide d’informations provenant de services de police, de bureaux d’enquêtes indépendantes et de rapports, eux aussi indépendants. 

L’année dernière a été difficile pour M. Francique, avec de nombreuses questions en suspens sur ce qui s’est passé, le soir du 7 janvier 2020.

«Tout ce que je sais, c’est que mon fils a quitté sa maison, est allé voir une voiture qu’il aidait à réparer et a fini par mourir», expose Derek Francique.

«C’est tout et nous ne savons pas quel policier l’a fait. Rien.»

M. Francique a souvent du mal à se tirer hors du lit et se sent pris dans des limbes, ce qu’il dit ne souhaiter à personne.

L’Unité des enquêtes spéciales (UES) se penche sur l’intervention policière ayant mené à la mort de Jamal Francique. 

Selon ses informations, le jeune homme noir âgé de 28 ans avait été confronté par des agents de la police régionale de Peel vers 19h45. Il était alors à bord d’une voiture et il y a eu une « interaction » lorsque la police a décidé de l’arrêter et un agent a fait feu à plusieurs reprises, le frappant d’une balle dans la tête, rapporte l’UES. Il a reposé deux jours à l’hôpital avant de succomber à ses blessures.

L’UES indique que le rapport d’enquête a été soumis pour révision à son directeur.

Jamal Francique, père d’une fillette de sept ans et d’un garçon de cinq ans, adorait jouer au basketball, travailler sur des voitures et faire de la moto, se souvient son père. Il militait pour les droits des animaux et s’apprêtait à retourner à l’école pour apprendre à opérer de la machinerie lourde, souligne-t-il.

Au printemps dernier, la mort de George Floyd à Minneapolis et de Regis Korchinski-Paquet à Toronto aux mains de policiers a entraîné une importante mobilisation contre le racisme et la brutalité des forces de l’ordre.

Des proches de Jamal Francique ont commencé à prendre la parole lors de manifestations, ce qui a fini par leur peser.

Le quartier général de la police de Peel a été vandalisé lors d’un rassemblement le 11 décembre. M. Francique et deux autres personnes ont été accusés de méfait d’une valeur de plus de 5000 $. Son avocat Knia Singh et lui nient les allégations et ils comptent les contester en cour.

La police régionale de Peel a été derrière six fusillades l’an dernier, ce qui correspond à un taux de 0,44 par 100 000 citoyens et la place au deuxième rang de ce triste palmarès des corps policiers canadiens, si l’on exclut la GRC et les services de police provinciaux.

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