Un père sous respirateur séparé de sa famille par la COVID-19

La fille d’un homme branché sur un respirateur en raison de complications liées à la COVID-19, en Nouvelle-Écosse, veut que les Canadiens sachent que la maladie peut priver du contact de ses proches au moment où l’on en a le plus besoin.

Kelly Marshall dit vouloir encourager la population à suivre les directives des autorités de la santé publique visant à freiner la propagation du coronavirus.

La femme de 39 ans a vu son père de 69 ans, Rick Cameron, passer de souffrir de courbatures à une hospitalisation sous respirateur en l’espace d’une semaine. Sa mère, Faye Cameron, a également été testée positive et se trouve en isolement à la maison.

Les problèmes ont commencé un peu plus de deux semaines après le retour de Floride de Rick Cameron, rentré au pays le 22 février. La source originale de son infection demeure incertaine.

Kelly Marshall vivait dans la même maison que ses parents, avec son mari Brian, en raison de l’incendie de sa propre résidence. Le deuxième couple se trouve aussi en isolement en raison de l’apparition de certains symptômes.

Dans le cas du père, la maladie a progressé rapidement et le 19 mars, il n’arrivait plus à entendre sa fille lui parler alors qu’il tentait de reprendre son souffle. Il a dû être transporté à l’hôpital par ambulance.

Pour Mme Marshall, l’une des conséquences les plus cruelles de la COVID-19, c’est d’empêcher les proches, parents, enfants et conjoints, de visiter et de toucher leurs êtres chers qui se battent pour leur vie à l’hôpital.

«Quand quelqu’un est malade, vous voulez être là, lui tenir la main et le prendre dans vos bras. C’est exactement ce que vous ne pouvez pas faire avec (la COVID-19)», a-t-elle confié lors d’un entretien téléphonique depuis chez elle.

«Quand on a appris la nouvelle, j’ai vu ma mère s’effondrer et je ne pouvais même pas la consoler parce qu’elle aussi avait la maladie. Je voulais un câlin de ma mère et je ne pouvais pas l’avoir.»

Parallèlement, les moindres détails du quotidien familial ont été bouleversés en raison de la présence du coronavirus à la maison. Se brosser les dents devient un risque pour les autres si l’on ne fait pas attention.

Chaque jour, Kelly Marshall désinfecte à plusieurs reprises la chambre de sa mère pendant qu’elle prend soin d’elle.

Elle souligne que son père a toujours préféré être franc sur les sujets difficiles et en discuter ouvertement. C’est cette attitude qui la pousse à parler publiquement des conséquences de la maladie, explique la Néo-écossaise.

Elle décrit son père comme un homme à la retraite en parfaite santé qui n’avait eu affaire qu’à quelques rhumes occasionnels au cours des 40 dernières années.

Le consensus scientifique reconnaît qu’il existe un risque plus élevé de complications liées à la COVID-19 chez les patients dont l’âge atteint la fin de la soixantaine et plus.

Une étude de l’Imperial College de Londres, au Royaume-Uni, montre que le taux moyen de mortalité chez les adultes de moins de 60 ans est estimé à moins de 0,2 %, contre 9,3 % chez les plus de 80 ans.

Kelly Marshall dit avoir été touchée par un flux régulier de messages d’encouragement depuis sa première sortie publique, la semaine dernière. Elle insiste cependant sur le fait que son objectif reste d’appeler les Canadiens à respecter les consignes d’éloignement.

«Papa serait tellement heureux si cela pouvait aider quelqu’un», a-t-elle conclu.

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