Un pharmacien ontarien est suspendu pour avoir distribué de la naloxone

TORONTO — Un pharmacien ontarien qui avait fait du porte-à-porte pour distribuer aux commerçants des trousses de naloxone dans un quartier dévasté par la crise des opioïdes a étouffé ses larmes, vendredi, en reconnaissant sa faute professionnelle.

Lors d’une audience disciplinaire de son ordre, Jason Newman a soutenu qu’il souhaitait avant tout sauver des vies dans la rue, en formant le plus de gens possible à administrer la naloxone, un antidote à la surdose d’opioïdes.

Le comité de discipline de l’Ordre des pharmaciens de l’Ontario a accepté une recommandation commune sur les sanctions à imposer: une suspension de permis de pratique d’un mois et une réprimande verbale, pour avoir terni l’image de la profession. M. Newman a également un an pour réussir un cours d’éthique, faute de quoi son permis sera suspendu pour un deuxième mois. Il doit également verser 7500 $ à l’Ordre pour couvrir ses frais juridiques.

M. Newman a admis d’emblée qu’il n’avait pas respecté les normes professionnelles en ne surveillant pas adéquatement les personnes qui l’avaient aidé à distribuer la naloxone. Il a également reconnu qu’il n’avait pas respecté l’engagement, pris en février dernier devant l’Ordre, de se conformer aux normes.

Jason Newman, propriétaire d’une pharmacie à London, a expliqué qu’il avait décidé d’agir lors d’une visite dans un refuge pour sans-abri. Le personnel avait alors refusé qu’il dispense une formation sur l’utilisation de la naloxone — même après la mort d’une personne par surdose.

Il a alors décidé de prendre les choses en mains et de former «le plus rapidement possible» des gens dans la communauté. M. Newman a admis qu’il avait fait du porte-à-porte dans une quarantaine d’entreprises situées près du refuge pour sans-abri. Il a aussi admis, toutefois, qu’il avait délégué une partie de cette tâche à des employés qui n’étaient pas pharmaciens mais qui étaient très bien formés pour cette mission.

M. Newman a assuré l’Ordre qu’il pouvait maintenant compter sur 10 autres pharmaciens pour l’assister dans sa mission.

Près de 1500 personnes sont mortes l’année dernière de causes liées aux opioïdes en Ontario, comparativement à 1261 l’année précédente.