Un plan pour contrer le racisme au Musée pour les droits de la personne

WINNIPEG — Le Musée canadien pour les droits de la personne à Winnipeg a adopté un plan pour surmonter les problèmes de racisme, d’homophobie et de censure dénoncés par le personnel.

La présidente-directrice générale du musée, Isha Khan, affirme que le plan permettra de créer un milieu de travail sûr, sain et respectueux. Ce plan répond aux recommandations d’un examen externe qui a révélé un racisme omniprésent et systémique dans les pratiques d’emploi, les politiques et les actions de certains employés du musée, a-t-elle dit.

Le musée s’est retrouvé dans la tourmente plus tôt cette année, lorsque des employés actuels et anciens ont dénoncé en ligne les pratiques de l’institution après que celle-ci a publié des images d’un rassemblement du mouvement Black Lives Matter. Ces employés estimaient qu’il était hypocrite pour le musée d’évoquer cet événement alors que son personnel était confronté au racisme au quotidien sur les lieux de travail. Certains ont aussi affirmé que des contenus du musée consacrés aux minorités sexuelles et de genre avaient été censurés à la demande de certains groupes scolaires.

«La création d’un changement durable nécessite un engagement profond à remettre en question nos systèmes et notre façon de travailler», a déclaré Mme Khan dans un communiqué, jeudi.

Isha Khan a entamé un mandat de cinq ans à la tête du musée en août, après la démission de l’ancien président-directeur général John Young dans la foulée des allégations de racisme. Elle s’est engagée à créer un environnement de travail inclusif et respectueux.

Le plan comprend des engagements visant à évaluer les taux de rétention du personnel, à examiner les politiques du conseil d’administration pour y identifier des préjugés et à adopter des méthodes de recrutement différentes. Le musée veut aussi créer des occasions pour permettre au personnel de partager et d’apprendre de leurs expériences de racisme, d’homophobie et de toutes les formes de discrimination.

Un autre objectif est de concevoir de nouveaux contenus reflétant l’histoire de l’oppression des Noirs au Canada. Toutes les expositions actuelles seront examinées pour repérer les cas où l’histoire des communautés autochtones, noires, LGBTQ et handicapées n’auraient pas été correctement incluses.

Le personnel a reçu une ébauche de ce nouveau cadre en septembre et a fait part de ses commentaires, indique le musée. Des consultations ont également eu lieu avec des organisateurs communautaires.

Mme Khan a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’une liste de tâches à accomplir et qu’il faudrait y mettre des efforts importants et durables. Elle a assuré que l’intention était de s’attaquer au racisme et à la discrimination systémiques de manière significative, et pas seulement d’en faire une «façade».

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