Un policier de Toronto reconnu coupable d’agression pour avoir battu un jeune Noir

Un policier de Toronto a été reconnu coupable d’agression pour avoir battu un jeune Noir il y a plus de trois ans, mais son frère a été acquitté.

L’agent Michael Theriault et son frère Christian ont par ailleurs été acquittés d’entrave à la justice.

Les Theriault avaient plaidé non coupables de voies de fait graves et d’entrave à la justice en lien avec l’incident du 28 décembre 2016.

Le juge de la Cour supérieure de l’Ontario, Joseph Di Luca, a entendu que Michael Theriault n’était pas de service au moment de l’incident, et il a rendu son verdict vendredi, par vidéoconférence.

Les procureurs ont allégué que les frères avaient poursuivi Dafonte Miller au petit matin, coinçant le jeune de 19 ans entre deux maisons à Whitby, en Ontario, avant de le battre si violemment avec un tuyau que son œil gauche a éclaté.

Les avocats de la défense ont fait valoir que les frères ont aperçu M. Miller et ses amis entrer par effraction dans un véhicule et ont agi par légitime défense, alléguant que M. Miller était celui qui brandissait un tuyau.

Vendredi, en lisant sa décision, le juge Di Luca a déclaré qu’il était conscient du contexte social entourant l’affaire.

L’affaire, et d’autres comme celle-là, «soulèvent des questions importantes concernant les minorités raciales et la police qui devraient être examinées davantage», a déclaré le juge Di Luca.

Mais il a ajouté que sa tâche n’était pas de mener une enquête publique sur les relations entre la police et les personnes racisées, ni de rendre le verdict recherché par le public. C’est plutôt de trancher l’affaire sur la base des preuves.

Dans leurs déclarations finales, les avocats des frères Theriault ont fait valoir que M. Miller a menti à la barre lorsqu’il a nié avoir pénétré dans des voitures cette nuit-là et que, par conséquent, son témoignage a été entaché.

Les procureurs, cependant, ont déclaré que les frères n’étaient pas justifiés de poursuivre le jeune homme et de le blesser gravement, qu’il soit ou non entré par effraction dans une voiture.

Ils ont également fait valoir que si M. Miller avait effectivement menti sur les événements qui ont conduit à la rencontre, ce serait compréhensible étant donné qu’il est celui qui a été menotté et arrêté cette nuit-là alors qu’il gisait au sol, en sang.

M. Miller, maintenant âgé de 22 ans, a témoigné devant le juge seul l’automne dernier et a nié avoir volé des voitures cette nuit-là.

Il a dit au tribunal qu’il se promenait avec deux amis lorsque les Theriault ont commencé à les interroger sur les raisons de leur présence dans le secteur. Il a ajouté que les frères ont commencé à le pourchasser quand ses amis et lui se sont éloignés.

M. Miller a dit qu’il n’avait pas eu la chance de riposter, et se souvenait seulement d’avoir vu Michael Theriault avec le tuyau.

Ses avocats ont allégué à l’extérieur du tribunal que la race avait joué un rôle dans l’attaque.

L’affaire a également déclenché des protestations de membres de Black Lives Matter et d’autres militants antiracisme, et un rassemblement était prévu à l’extérieur du palais de justice d’Oshawa, en Ontario, vendredi matin, même si l’audience n’y a pas eu lieu.

Michael Theriault, qui a témoigné le dernier, a admis avoir frappé M. Miller, mais a déclaré qu’il ne l’avait fait qu’avec ses poings.

Il a dit qu’il avait agi par légitime défense après que M. Miller l’eut attaqué, lui et son frère, avec un tuyau ou un poteau en métal.

Michael Theriault a déclaré au tribunal qu’ils avaient pris M. Miller et un autre jeune homme en train de voler des objets dans un camion appartenant aux parents des Theriault, et l’avaient poursuivi dans une zone située entre deux maisons.

Michael Theriault a également déclaré qu’il ne s’était jamais identifié comme un policier, bien qu’il ait ensuite été entendu lors d’un appel au 911 disant à M. Miller qu’il était en état d’arrestation.

Christian Theriault n’a pas témoigné.

La décision était initialement prévue pour avril, mais a été reportée en raison des mesures de santé publique qui ont considérablement réduit les activités judiciaires.

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