Un prêtre autochtone participe à l’organisation de la visite du pape au Canada

EDMONTON — Lorsque les responsables du Vatican se sont lancés à la recherche d’une personne au Canada pour coordonner la visite du pape au pays, dans deux semaines, ils avaient certains critères en tête.

Dans un monde idéal, cette personne aurait eu des racines autochtones, un lien particulier avec les pensionnats et parlerait couramment italien.

Leur liste a été réduite à un candidat: Cristino Bouvette.

Le prêtre catholique de 36 ans est né d’une mère italienne et a des origines Cries et Métis du côté de son père. De plus, sa grand-mère est une survivante des pensionnats.

«Ce rôle était parfait pour moi, a affirmé M. Bouvette en entrevue. C’est quelque chose que Dieu a placé sur mon chemin et je suis honoré qu’on me l’ait confié.»

M. Bouvette a été nommé directeur liturgique national pour la visite au Canada du pape François. Sous le thème «Marcher ensemble», la tournée papale est prévue du 24 au 29 juillet et doit mener le souverain pontife à Québec, à Edmonton et à Iqaluit. Le pape doit rencontrer des membres des Premières Nations et des survivants des pensionnats fédéraux.

Le rôle de M. Bouvette est de faire le lien entre les organisations locales et les responsables du Vatican pour assurer que les cérémonies qui auront lieu seront adaptées tant aux communautés qui les présenteront qu’à l’Église catholique.

M. Bouvette a été contacté dès les premières rumeurs voulant que le pape allait se présenter au Canada.

«Au départ, je ne voulais pas le faire, a avoué le prêtre de Calgary. C’est beaucoup de travail et je pensais que ce serait très compliqué. J’avais peur de faire des erreurs.»

Déjà, être un prêtre autochtone amène son lot de pression, selon M. Bouvette. Il doit notamment représenter l’Église, tout en apportant du réconfort aux autres membres des Premières Nations qui ont toujours des séquelles de ce que les religieux leur ont fait vivre dans les pensionnats.

Environ 150 000 enfants autochtones ont été forcés de fréquenter les pensionnats fédéraux en l’espace de 100 ans. L’Église catholique était responsable de la gestion de près de 60 % des établissements.

«Je sens qu’il y a beaucoup de gens qui attendent de moi que je fasse ou que je dise toujours la bonne chose au bon moment. C’est parfois lourd à porter», a reconnu M. Bouvette.

Il trouve toutefois de la force lorsqu’il pense à sa grand-mère.

À l’âge de sept ans, Amelia Mae Bouvette a été retirée de la garde de sa famille de la nation Crie, en Alberta, et a été envoyée dans un pensionnat d’Edmonton.

Malgré tout, elle n’a jamais abandonné sa foi chrétienne. Donc lorsque son petit-fils lui a annoncé qu’il voulait devenir prêtre, elle a rappelé qu’elle avait rencontré de bons prêtres dans sa vie.

Et elle espérait qu’il suive leurs traces.

«Je peux voir encore voir son regard et sentir sa main dans ma main, a raconté M. Bouvette à propos de sa grand-mère, qui est décédée en 2019. Elle était un refuge pour moi. Je savais que peu importe ce que je faisais, elle me soutenait.»

Les détails concernant les cérémonies prévues pendant la visite du pape ne sont pas encore connus, mais M. Bouvette a expliqué qu’il était important d’élaborer un programme dans lequel le pape François jouera un rôle de premier plan, tout en honorant les traditions et les coutumes autochtones. 

«J’espère que les personnes qui en attendent quelque chose obtiendront ce dont elles ont besoin et que, s’il y a des personnes qui ne pensent pas en avoir besoin ou qui n’en veulent pas, cela ne leur causera au moins aucun préjudice», a-t-il conclu.

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