Un projet de loi pour aider à retrouver des enfants autochtones disparus ou décédés

Des membres des Premières Nations qui attendent depuis des années de savoir ce qu’il est advenu d’un fils, d’une cousine, qu’ils n’ont plus revu, après un passage dans un établissement de santé du Québec, bénéficieront d’un coup de pouce pour avoir des informations à son sujet.

Le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a déposé mercredi un projet de loi pour faciliter leur tâche et, espère-t-il, leur apporter un peu de réconfort.

Plus précisément, le projet de loi autorise la communication de renseignements personnels aux familles d’enfants autochtones disparus ou décédés à la suite d’une admission en établissement.

Le phénomène est peu connu, mais il aurait touché quelques dizaines d’enfants dans les années 1950, 1960, 1970 et jusqu’en 1989, au Québec.

Les familles touchées demeurent dans l’inconnu, dans le doute. Dans certains cas, l’enfant a pu être placé en famille d’accueil après son passage dans un établissement; dans d’autres, il est décédé ou bien on ne sait trop ce qui lui est arrivé.

Le projet de loi permettra donc d’aider les familles touchées à obtenir les informations pertinentes de la part des établissements, de les aider à comprendre les renseignements médicaux, voire d’effectuer d’autres démarches, par exemple si l’enfant qu’elles souhaitent retrouver est encore vivant et avait été placé en famille d’accueil.

«Il y a des parents qui arrivent à 89, 90 ans et qui ne savent même pas ce qui est arrivé à leur enfant. Dans certains cas, on parle d’enfants qui ont été donnés à l’adoption. Dans d’autres cas, des enfants qui sont décédés, mais il n’y a pas de confirmation; on ne sait pas où ils sont enterrés; on n’a pas de détails. Ce qu’on fait aujourd’hui, c’est pour ces parents-là», a résumé le ministre Lafrenière.

Il a promis de ne pas bâcler les dossiers, en livrant aux familles touchées un simple numéro de téléphone auquel appeler, avec un numéro de dossier.

«On prévoit aussi un budget pour une équipe, pour un groupe qui va être avec eux. On accompagne les familles; on ne les référence pas; on ne leur dit pas: « voici le numéro; bonne chance ». Et on ne se substitue pas non plus à des processus d’enquête criminelle qui seraient en cours. On ne se substitue pas non plus à des conseillers juridiques; on est dans de l’accompagnement», a illustré le ministre responsable des Affaires autochtones.

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