Un projet de loi pour la liberté de conscience des médecins rejeté en Alberta

EDMONTON — Un projet de loi d’initiative parlementaire qui aurait renforcé la protection des travailleurs de la santé de l’Alberta qui ont invoqué leur droit à la liberté de conscience a été rejeté après un vote en comité.

Le comité permanent des projets de loi émanant des députés a entendu quatre médecins, la Trans Equality Society of Alberta et Dying with Dignity Canada, avant de voter contre la proposition.

Le projet de loi avait été présenté par le député d’arrière-ban du gouvernement conservateur uni Dan William.

En vertu de ce projet de loi, les prestataires de soins de santé n’auraient pu être poursuivis ou sanctionnés pour avoir refusé de fournir des services — tels que l’avortement, l’aide à mourir ou la contraception — allant à l’encontre de leurs convictions morales.

À l’heure actuelle, les médecins de l’Alberta qui ne veulent pas offrir ces services doivent diriger les patients vers quelqu’un qui le fera.

L’opposition néo-démocrate craignait notamment un moyen détourné de restreindre l’accès à l’avortement et à la contraception, en particulier dans les zones rurales où l’offre de services et la présence de médecins sont parfois limitées.

Une médecin et un défenseur des droits des transgenres ont soulevé des préoccupations similaires jeudi devant le comité.

«Les droits à la conscience sont utilisés par les groupes anti-avortement, spécifiquement et ouvertement, comme un moyen de rouvrir ce débat», a déclaré Dr Jillian Ratti.

Holly Tomm, à la tête de la Trans Equality Society of Alberta, a ajouté que le projet de loi réduirait encore davantage l’accès aux soins de santé pour les membres de la communauté LGBTQ.

Il y avait aussi un soutien pour le projet de loi.

La docteure Kiely Williams a laissé entendre que des médecins en milieu rural pourraient quitter le secteur ou démissionner si leurs convictions n’étaient pas protégées.

Deux des 10 membres du comité ont voté pour le projet de loi, ce qui signifie que le comité recommandera que celui-ci ne soit pas soumis à la législature.

Janis Irwin, porte-parole du NPD en matière de condition féminine et de questions LGBTQ, a parlé du vote à 8 contre 2 comme d’une victoire.

«Nous l’avons fait, a-t-elle écrit sur Twitter. Albertains, merci. Vous avez parlé. Vous avez écrit à vos députés. Vous avez exigé que nous ne ramenions pas notre province en arrière. C’est une victoire, mais nous devons nous rappeler que beaucoup de travail reste à faire dans la lutte pour un système public de santé fort pour tout le monde.»