Un projet de sanctuaire pour baleines en captivité rencontre des obstacles en N.-É.

HALIFAX — Un ambitieux projet de construire le premier sanctuaire nord-américain pour baleines captives en Nouvelle-Écosse accuse un retard d’au moins cinq ans sur son échéancier original, selon de nouveaux documents.

Annoncé en février 2020, ce projet permettrait d’héberger de huit à 10 baleines vivant dans des aquariums dans une petite baie de 40 hectares à Port Hilford, là où la côte de la Nouvelle-Écosse est accidentée et peu peuplée.

Il consiste à installer des filets pour clôturer une crique, créant une zone où les orques et bélugas à la retraite seront libres de nager et de plonger en profondeur, tout en étant nourris et soignés par l’organisme.

Le Whale Sanctuary Project, l’organisme américain derrière le projet, souhaitait que celui-ci soit complété cette année.

La pandémie, des inquiétudes environnementales et des obstacles réglementaires ont freiné le projet, selon des documents obtenus par La Presse Canadienne en vertu de la loi provinciale de la liberté d’information.

Déjà en mai 2021, un rapport gouvernemental interne indiquait que lorsqu’un bail de la Couronne sera accordé au projet, cinq années seraient nécessaires pour que le site choisi soit prêt à accueillir ses premiers pensionnaires. Cela pourrait repousser l’ouverture du sanctuaire à 2027.

Le directeur général du Whale Sanctuary Project, Charles Vinick, croit que l’échéancier du gouvernement néo-écossais est incorrect, car il comprend la construction d’un centre d’interprétation. Pour lui, il faut accueillir les bêtes et ensuite lancer la construction du centre. Le propre échéancier de l’organisme indique une ouverture pour la fin de 2023, mais M. Vinick juge plus réaliste une ouverture pour 2024.

Si la pandémie est la principale responsable de ce retard, M. Vinick en blâme un processus provincial de demande de permis qu’il juge trop exigeant.

«C’est nouveau pour eux, c’est nouveau pour nous. L’important est d’avancer chaque jour.»

Un exemple: M. Vinick raconte que l’organisme voulait extraire des échantillons du sol marin pour des tests. Une demande avait été expédiée en avril, mais le ministère a pris presque cinq mois pour répondre qu’une évaluation archéologique était nécessaire avant de pouvoir commencer les tests.

«C’est le genre de chose qui arrive. D’autres nous attendent en chemin, je le crains, lance M. Vinick. Chaque fois qu’un obstacle survient, on le franchira.»

Le document gouvernemental exprimait aussi de sérieuses inquiétudes concernant 20 puits de mine abandonnés et des résidus contaminés provenant des mines d’or en activité de 1862 à 1900.

Selon un autre document, le ministère de l’Environnement de la Nouvelle-Écosse s’inquiétait pour des zones humides situées à proximité. De son côté, le ministère des Pêches et des Océans voulait savoir quelle espèce animale serait accueillie dans le sanctuaire afin que les fonctionnaires puissent étudier chaque cas en vertu de la Loi sur les espèces en péril.

Ce projet estimé à 20 millions $ sera financé par des dons privés. Il nécessiterait aussi la construction d’une clinique vétérinaire, d’une tour d’observation et autres bâtiments de soutien. Il en coûterait 2 millions $ par année pour gérer ce sanctuaire. Un centre pour les visiteurs a déjà ouvert ses portes, l’an dernier.

On recense environ 200 baleines et 50 épaulards en captivité sur l’ensemble de la planète. Le parc Marineland, à Niagara Falls, compte 35 bélugas et le seul épaulard en captivité au Canada.

«Aucun de ces travaux ne commencera assez tôt pour ces baleines qui dépérissent dans des citernes en ciment et sont soumises à des conditions intolérables», affirmait l’organisme dans un message diffusé en ligne, le mois dernier.

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