Un promoteur offre aux Mohawks de Kanesatake une partie de la pinède d’Oka

MONTRÉAL — Un promoteur immobilier affirme avoir signé un accord avec le Conseil mohawk de Kanesatake afin de restituer une parcelle de la pinède qui avait été au cœur de la «crise d’Oka» il y a 29 ans.

Dans un esprit de réconciliation, Grégoire Gollin prévoit céder 60 hectares de forêt au conseil local, dans le cadre du Programme des dons écologiques du gouvernement fédéral.

M. Gollin soutient que les discussions avec les représentants de Kanesatake étaient en cours depuis deux ans. Il espère maintenant que l’entente sera ratifiée rapidement et qu’elle servira d’inspiration aux propriétaires fonciers de tout le pays.

La «crise d’Oka» avait débuté le 11 juillet 1990, lorsque des policiers de la Sûreté du Québec ont donné l’assaut sur des manifestants de Kanesatake qui occupaient la pinède. Les militants voulaient empêcher la municipalité voisine d’Oka d’empiéter sur une partie du cimetière ancestral mohawk afin d’agrandir un terrain de golf. L’affrontement du petit matin avait coûté la vie au policier Marcel Lemay.

Après 78 jours de confrontation — et l’intervention de l’armée —, un accord avait finalement été conclu pour lever les barricades en échange de l’annulation de l’agrandissement du terrain de golf.

Près de trois décennies plus tard, ce territoire revendiqué par les Mohawks de Kanesatake fait toujours l’objet de litiges. Ellen Gabriel, une militante bien connue déjà à l’époque, estime que si le geste de M. Gollin est noble, il ne va pas nécessairement assez loin. Mme Gabriel souligne qu’à titre de «cadeau écologique», le transfert de propriété sera assorti de conditions. Par ailleurs, elle ajoute que le conseil local des Mohawks n’a toujours pas divulgué à la communauté les détails de cet accord.

De son côté, la municipalité d’Oka tiendra mercredi une «soirée d’informations sur les revendications territoriales», selon un message Facebook du conseil municipal. Le maire Pascal Quevillon estime que cette entente de cession des terrains vacants et la «fédéralisation» de lots municipaux «sont plus qu’inquiétantes pour la pérennité» de la municipalité d’Oka et il demande «une médiation équitable».

«Nous demandons de mettre en place un mécanisme de consultation qui considérera les droits des résidents d’Oka, au même titre que ceux des Premières Nations, car nous sommes aussi chez nous et nous souhaitons vivre en paix et en harmonie», écrit le maire Quevillon.

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