Un rapport fait état des conditions «toxiques» à Rideau Hall sous Julie Payette

OTTAWA — La démission de Julie Payette en tant que gouverneure générale a été motivée par un rapport cinglant sur le milieu de travail qu’elle a mis en place à Rideau Hall, décrit par des dizaines de personnes comme étant hostile, toxique ou empoisonné.

Le gouvernement a publié les conclusions du rapport de la firme Quintet Consulting Corporation mercredi soir.

Le document rédigé uniquement en anglais est lourdement caviardé, principalement pour protéger la confidentialité des participants. Des pages entières de détails sont noircies ou supprimées.

Tout de même, le rapport indique que Quintet a entendu des allégations de «cris, de conduite agressive, de commentaires humiliants et d’humiliation publique» — des comportements qui étaient «répétés et persistants».

Les intervenants consultés ont parlé de l’environnement de travail à Rideau Hall comme étant «la définition d’un milieu de travail empoisonné», utilisant des expressions telles que «humiliation», «manque de respect» et «condescendance», peut-on lire dans le document.

Si les comportements allégués se sont produits comme cela a été décrit, le rapport affirme que «selon toute norme objective», cela «conduirait à un milieu de travail toxique».

«Quintet conclut qu’il existe un problème grave qui requiert une attention immédiate du BCP (Bureau du Conseil privé)», indique le rapport.

Julie Payette a démissionné de son poste de gouverneure générale jeudi dernier, une semaine après que le gouvernement eut reçu le rapport de la firme. Le Bureau du Conseil privé avait demandé à Quintet d’examiner les reportages du réseau anglais de Radio-Canada, selon lesquels Mme Payette et sa secrétaire, Assunta Di Lorenzo, avaient mis en place un lieu de travail toxique. Mme Di Lorenzo a également démissionné.

Un environnement «hostile et négatif»

Quintet a interrogé 92 employés actuels et passés, ainsi que des «personnes bien informées» qui ont travaillé à Rideau Hall pendant le mandat de Mme Payette.

«Moins de dix participants (…) n’ont rapporté que des informations positives ou neutres sur l’environnement de travail», est-il écrit dans le rapport.

«Cependant, l’écrasante majorité des participants a décrit des expériences qui seraient objectivement considérées comme des « préoccupations et allégations »», poursuit la firme.

Plus précisément, 43 participants «ont décrit l’environnement de travail en général comme étant hostile, négatif ou d’autres mots à cet effet».

«(Vingt-six) ont précisément utilisé les mots « toxique » ou « empoisonné », huit ont utilisé les expressions « climat/règne de peur/terreur » et douze participants ont dit qu’ils « marchaient sur des œufs ».»

De plus, 20 participants «ont déclaré avoir été témoins de harcèlement sur leur lieu de travail ou ont fait référence à des comportements de harcèlement au travail.»

Dix-sept participants ont dit avoir quitté leur emploi pendant le mandat de Mme Payette en raison de l’environnement de travail — dont au moins 16 en moins d’un an. Treize autres affirment avoir pris un congé de maladie.

Une seule plainte officielle

Pourtant, la firme dit n’avoir reçu qu’une seule plainte officielle pour harcèlement, qui n’était pas liée au problème sur lequel elle devait enquêter.

L’examen n’a pas permis de tirer des conclusions ni de déterminer si les comportements signalés se sont bel et bien manifestés. Cependant, le rapport note qu’il y avait «un chevauchement et une cohérence considérables» dans les allégations des participants.

La firme note que les employés ne savaient pas où aller pour déposer leurs plaintes, ajoutant que les pratiques en matière de ressources humaines à Rideau Hall sont inadéquates. Le personnel avait signalé des problèmes à la direction, mais «peu ou pas de changement en a résulté».

En quittant son poste, Julie Payette n’a admis aucun acte répréhensible particulier, affirmant qu’elle le faisait pour le bien de l’institution.

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