Un rapport recommande une refonte des organisations fédérales autonomes en santé

OTTAWA — Un nouveau rapport recommande une révision en profondeur du rôle du gouvernement fédéral et de ses organisations autonomes dans le système de soins de santé canadien.

Une étude externe dévoilée mardi met en évidence ce qui est qualifié de lacunes importantes et de chevauchements dans les huit organisations de santé financées par le fédéral et chargées de contribuer à la cohérence et à la direction du système de soins de santé canadien — des problèmes impossibles à corriger sans une refonte en profondeur, indique le document.

Ottawa a créé huit organisations pancanadiennes au cours des trois dernières décennies, des entités autonomes à but non lucratif devant servir d’outils des politiques fédérales en santé, notamment l’Institut canadien d’information sur la santé et l’Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS).

Le rapport affirme qu’il faut plus que des ajustements si l’on souhaite que ces organisations deviennent des leviers plus efficaces pour un «réengagement» du gouvernement fédéral.

En particulier, des changements seront nécessaires pour accommoder le projet du gouvernement Trudeau de créer un programme pancanadien d’assurance médicaments, de même que pour tirer profit des données massives afin d’améliorer l’offre de soins, indique la coauteure Danielle Martin.

Le rapport présente quatre scénarios, à partir desquels le gouvernement pourrait trouver un équilibre entre ses priorités et sa vision d’avenir en santé en misant sur l’un d’entre eux ou en mariant plusieurs des solutions proposées. Le rapport souligne que, bien qu’il ne s’agisse pas d’un audit d’une organisation en particulier, le constat est que l’architecture globale de ces structures est inadéquate.

«Plusieurs d’entre elles sont trop petites et elles ont toutes été forgées pour nous amener où nous sommes aujourd’hui, et cela a été d’un grand secours, mais elles n’ont pas ce qu’il faut dans leur forme actuelle pour nous amener là où nous devons être dans l’avenir», a dit Mme Martin, médecin et professeure associée à l’Université de Toronto.

Le coauteur Pierre-Gerlier Forest, de l’Université de Calgary, a affirmé que l’une des lacunes du système réside dans la façon de financer ces organisations.

«Elles rivalisent les unes contre les autres pour l’attention et pour l’argent plutôt que de travailler de concert dans la même direction», a-t-il fait valoir.

Le rapport recommande aussi que le gouvernement fasse un meilleur usage des organisations financées par le fédéral pour promouvoir la santé et le bien-être des Autochtones.

Certains des scénarios suggèrent que trois organisations soient éliminées graduellement — la Commission de la santé mentale du Canada, le Partenariat canadien contre le cancer et le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances — dans le but de transférer ailleurs leurs ressources et leur expertise.

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