Un restaurant syrien de Toronto rouvrira malgré les messages haineux

TORONTO — Un restaurant syrien du centre-ville de Toronto ayant fermé tout récemment après que ses propriétaires eurent déclaré avoir reçu des messages haineux et des menaces de mort devrait rouvrir vendredi à la suite d’une vague de soutien de la part des membres de la communauté et d’autres entreprises.

La famille Alsoufi a raconté que sa décision initiale de fermer le restaurant populaire Soufi’s avait été causée par la peur et un désir de mettre fin à la controverse entourant le restaurant.

Husam Alsoufi a déclaré jeudi, lors d’une conférence de presse, que la famille avait réfléchi après avoir constaté comment les gens réagissaient à la fermeture.

«Les conséquences de notre décision et la réaction du public ont été plus fortes que ce que nous imaginions. Nous avons reçu des centaines de messages sincères provenant de partout au Canada et offrant soutien et solidarité», a-t-il souligné.

«Nous ne souhaitons pas être un exemple tragique d’une entreprise ayant cédé à la haine pour les futurs immigrants et les chefs d’entreprises réfugiés. Nous voulons encourager l’espoir et la résilience face à l’intimidation et à l’hostilité.»

Les Alsoufi vont prendre une pause de la gestion du restaurant, le laissant toutefois sous la nouvelle direction assurée par la chaîne Paramount Fine Foods «jusqu’à ce que notre famille se sente à nouveau en bonne santé et en sécurité», a-t-il précisé.

Le PDG de Paramount a déclaré que la famille Alsoufi demeurera propriétaire et continuera à recevoir tous les profits du restaurant. Tous les membres du personnel qui ont perdu leur emploi après la fermeture brusque du restaurant cette semaine seront également réembauchés, a assuré Mohamad Fakih.

M. Fakih a dit qu’il espérait qu’il n’y aurait plus de menaces, mais que la police serait appelée si nécessaire. Il n’a pas non plus exclu l’embauche de gardes de sécurité en dernier recours.

De son côté, la police de Toronto enquête sur une plainte déposée par la famille Alsoufi, qui a dit avoir transmis des centaines de messages de haine aux autorités.

La famille a déclaré que les menaces étaient liées à un événement qui a eu lieu en septembre et qui mettait en vedette le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier. Des médias ont rapporté que le fils aîné de la famille Alsoufi était présent à un rassemblement s’opposant à la tenue de l’événement.

De nombreuses critiques se sont fait entendre lorsque des séquences vidéo ont été diffusées montrant des manifestants masqués empêchant une femme âgée utilisant une marchette d’entrer pour assister à l’événement du 29 septembre au Collège Mohawk de Hamilton.

La police de Hamilton a confirmé qu’elle enquêtait, mais qu’elle n’avait porté aucune accusation.

M. Alsoufi a refusé de discuter des détails du rassemblement jeudi, mais a déclaré que son fils avait participé à des manifestations «essayant de soutenir des personnes marginalisées» et avait commis des erreurs, pour lesquelles il avait appris sa leçon «à la dure».

Il a également déclaré qu’il avait parlé au fils de la femme âgée et avait invité la famille au restaurant afin de se faire pardonner.

Avant l’incident, le restaurant Soufi était devenu populaire et avait même eu droit à une mention dans le «New York Times», où il a été présenté comme un exemple de réussite en matière d’acceptation des réfugiés syriens par le Canada.