Un second officier endormi à l’origine du naufrage d’un remorqueur en C.-B.

VANCOUVER — Selon le rapport publié jeudi par le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), c’est un second officier endormi sur la passerelle qui a manqué un changement de cap et causé le naufrage d’un remorqueur au large de l’Île de Vancouver.

Environ 107 000 litres de diesel et plus de 2200 litres de lubrifiants, dont de l’huile à transmission et de l’huile hydraulique, ont été déversés dans l’océan Pacifique quand le remorqueur américain Nathan E. Stewart a fait naufrage en octobre 2016.

D’après le rapport du BST, l’horaire de travail du second officier ne prévoyait pas suffisamment de temps de repos. L’organisme rappelle justement l’importance de «gérer les risques de fatigue de façon efficace et fiable dans le secteur maritime».

Deux recommandations sont formulées, soit que Transports Canada exige que les officiers soient formés pour reconnaître et atténuer les risques de fatigue, puis que les exploitants de navires se dotent d’un programme de gestion de la fatigue.

L’enquête souligne que la fatigue est à l’origine ou a contribué à plusieurs accidents maritimes analysés par le BST. 

Au moment du naufrage du remorqueur Nathan E. Stewart, peu après 1 heure le 13 octobre 2016, le second officier était seul sur la passerelle, ce qui contrevient à la réglementation canadienne. De plus, l’officier en question travaillait depuis deux jours selon un horaire de six heures de quart suivies de six heures de repos. Le manque de sommeil réparateur a fait en sorte qu’il s’est endormi et a manqué un changement de cap.

«Il y a un besoin urgent que les exploitants de navires et les officiers de quart reconnaissent les facteurs qui contribuent à la fatigue et qu’ils prennent les mesures pour les éliminer», a commenté par voie de communiqué la présidente du BST, Kathy Fox.

Le navire qui tirait un chaland-citerne s’est échoué sur le récif Edge, près de l’île Athlone en Colombie-Britannique, sur le territoire de la Première Nation Heiltsuk. Une brèche s’est ouverte dans la coque du remorqueur et a laissé fuir quelque 110 000 litres de carburant diesel dans l’environnement.

La chef du conseil de la Première Nation Heiltsuk, Marilyn Slett, a dénoncé les impacts sociaux, culturels et économiques dévastateurs sur sa communauté, alors que le déversement a contaminé d’importantes zones de pêche et de cueillette de fruits de mer.

Parmi les autres causes du déversement d’hydrocarbures, le BST blâme une certaine confusion dans les rôles et responsabilités lors de l’intervention de récupération. Si l’enquête conclut que la Western Canada Marine Response Corporation et la Garde côtière canadienne sont intervenues dans les délais prescrits, la confusion sur le système de commandement et le pouvoir décisionnel final aurait nui au bon déroulement de l’opération.

Le Bureau américain de la sécurité des transports a déjà publié un rapport en novembre 2017 qui révélait que le second officier endormi était la cause probable du naufrage. 

Selon le rapport américain, la compagnie Offshore Marine, basée à Houston, ne s’était pas dotée de procédures efficaces en matière de gestion de la sécurité.