Un sénateur dénonce l’usage d’un sédatif responsable d’exécutions «bâclées» aux É-U

OTTAWA — Un sénateur conservateur se demande pourquoi un sédatif pointé du doigt pour des exécutions bâclées aux États-Unis est encore utilisé au Canada au cours des procédures d’aide médicale à mourir.

Le sénateur Michael MacDonald soutient que le sédatif «midazolam» a été au coeur d’un certain nombre d’affaires judiciaires aux États-Unis concernant des exécutions qui auraient été bâclées en raison de réactions indésirables au médicament.

Il se demande s’il y a eu des problèmes similaires avec l’aide à mourir au Canada dont personne n’aurait entendu parler.

Mais la docteure Stefanie Green, présidente de l’Association canadienne des évaluateurs et prestataires de l’aide médicale à mourir, affirme qu’il n’y a eu aucun problème avec le médicament lors de ces procédures.

Elle précise que dans le but de réconforter les proches, le sédatif midazolam est utilisé pour endormir d’une manière lente et douce le patient, avant de lui administrer des substances plus puissantes pour provoquer l’inconscience, puis la mort.

La docteure Green trouve «enrageant» d’établir un «lien horrible» entre l’aide médicale à mourir et les exécutions aux États-Unis. Elle y voit une tactique délibérée pour renforcer l’opposition à l’aide médicale à mourir au Canada.

Le Sénat étudie actuellement le projet de loi du gouvernement libéral qui étendrait la procédure aux personnes souffrantes dont la mort n’est pas «raisonnablement prévisible». Plusieurs conservateurs s’opposent à cet élargissement.

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Cette déclaration d’un sénateur conservateur est proprement ahurissante et, soyons clair, parfaitement stupide, et ne démontre que son ignorance au service d’une idéologie.

Un sénateur dénonce l’usage d’un sédatif responsable d’exécutions «bâclées» aux É-U
(La Presse Canadienne 17 décembre 2020. )
https://lactualite.com/actualites/un-senateur-denonce-lusage-dun-sedatif-responsable-dexecutions-baclees-aux-e-u/

Le midazolam (« Versed » ) est utilisé à très large échelle dans nos hôpitaux : aux soins intensifs, en salle d’opération, en préparation pour de procédures sous sédation légère (Ex : colonoscopie), etc, etc. mais aussi en soins palliatifs de façon très courante, pour assoupir le patient ou le soulager lors d’épisodes de détresse respiratoire, etc.

Ce produit est aussi utilisé au Québec et au Canada en préparation pour l’aide médicale à mourir comme première injection qui a pour effet d’endormir le patient une fois que tous ses proches lui ont fait leurs adieux et permet à tous de voir que leur parent bien-aimé s’endort tout doucement (généralement en moins de 10 secondes) et perd conscience (donc ne ressent plus la douleur) des moments suivants à savoir l’injection d’un inducteur de coma profond puis d’un bloqueur musculaire.

Aux USA, la barbarie de l’exécution capitale (faite bien évidemment sans le consentement du patient) est due au fait que le midazolam, le thiopental et le propofol ne furent plus disponibles pendant un certain temps pour cette fin car la compagnie pharmaceutique (Pfeizer – mai 2016) ne voulait pas l’exporter pour des raisons morales, ce qui est tout à leur honneur. D’autres fabricants ont aussi adopté la même mesure restrictive. Mais la cause principale des histoires d’horreur dans les « exécutions bâclées » tient au fait que c’est du « personnel pénitentiaire » et non pas médical qui installe les voies veineuses et fait les injections.

Faire un tel amalgame entre une exécution brutale, barbare et anachronique et un soin compassionnel, moral, légal, éthique, hautement médical est une honte pour ce sénateur et ceux qui le soutiennent, individus comme institutions…

Voir aussi :
Peine de mort par injection létale aux États-Unis : quand la loi américaine et la déontologie médicale s’opposent.
Anesth Reanim. 2015; 1: 118–125 en ligne sur / on line on http://www.em-consulte.com/revue/anrea http://www.sciencedirect.com

Xavier De Lentaigne De Logiviere, Florent Leviel, Dominique Montpellier, Olivier Jarde, Cécile Manaouil CHU Amiens-Picardie, service de médecine légale et sociale, place Victor-Pauchet, 80054 Amiens

Georges L’Espérance, md
Neurochirurgien
[email protected]
514-233-7237
Président de l’Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité

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