Un site web utilise l’intelligence artificielle pour illustrer le climat de l’avenir

TORONTO — Imaginez la colline du Parlement recouverte d’un ciel orange, les eaux de crue grimpant sur les côtés du Stade olympique ou une épaisse couche de smog brouillant la vue sur Halifax depuis la colline de la Citadelle. 

Ce sont toutes des scènes représentées sur un site web rendu accessible jeudi, qui associe intelligence artificielle et géographie pour montrer l’impact potentiel du changement climatique sur presque toutes les adresses de la planète. 

Le site web, ceclimatnexistepas.com, a été créé par Mila, l’Institut québécois d’intelligence artificielle (IA) fondé par Yoshua Benigo, l’un des parrains de ce secteur.

Le site web peut appliquer des filtres montrant les impacts des inondations, des incendies de forêt ou du smog à n’importe quelle adresse disponible par l’entremise de l’outil Street View de Google, et est destiné à sensibiliser aux scénarios futurs qui pourraient survenir si la réponse du monde au changement climatique continue d’être insuffisante. 

Victor Schmidt, un chercheur principal du projet, a indiqué que le site n’était pas destiné à prédire le changement climatique, mais qu’il s’efforçait plutôt de rendre le problème plus personnel pour les personnes qui ont de la difficulté à visualiser quelque chose qui semble lointain ou quelque chose qui pourrait avoir un impact sur une autre communauté avant la leur. 

«Ce n’est pas parce que cela ne leur arrivera peut-être pas que cela n’arrivera pas à d’autres personnes ailleurs ou dans le futur», a souligné M. Schmidt. 

Pour stimuler l’empathie, le site web invite les gens à rechercher leur adresse actuelle ou d’enfance, leurs lieux de travail, leurs restaurants préférés et leurs destinations de voyage. 

Les images que le site web renverra sont construites autour de réseaux antagonistes génératifs, ou RAG, une classe de cadres d’apprentissage automatique conçus par Mila qui permettent à un ordinateur de créer et de transformer des images. 

Le site n’ajuste pas les niveaux d’eau ou les conditions de qualité de l’air en fonction de l’endroit où se trouve une adresse, de sorte que les utilisateurs ne trouveront pas les zones côtières complètement sous-marines ou les voisins infestés de feux de forêt plus engloutis par un ciel poussiéreux que les régions moins sujettes aux incendies. 

C’est intentionnel, a assuré M. Schmidt. Mila ne voulait pas que les gens visitent le site web pour découvrir que leur quartier était confronté à des impacts du changement climatique moins pénibles que les autres, et ensuite décider de ne pas se soucier du problème. 

«Il s’agit de se connecter avec d’autres personnes et d’essayer de se rapprocher du bon sens», a-t-il expliqué. «La personnalisation du changement climatique va essayer d’aider à combler cet écart.» 

M. Schmidt espère que les gens visiteront le site web mis en place avec le soutien de la National Geographic Society, Microsoft, BCG Gamma et Borealis AI, et repartiront en se sentant plus conscients du changement climatique et de ses effets. 

Des recherches sur le site web du Centre canadien des services climatologiques montrent que le changement climatique a déjà fait augmenter la température annuelle moyenne du pays de 1,7 degré Celsius de 1948 à 2016, soit environ le double du taux de croissance mondial. 

Dans le nord du Canada seulement, la température annuelle moyenne a augmenté de 2,3 °C, soit environ le triple du taux mondial, au cours de la même période. 

Presque simultanément, la superficie de glace de mer estivale dans les eaux nordiques du Canada a diminué de près de 7 % par décennie, en moyenne, entre 1968 et 2015. 

Elle devrait continuer à diminuer au point où les eaux arctiques pourraient être presque libres de glace d’ici les années 2050. 

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