Un sous-marin de la Marine royale canadienne restera amarré un an de plus

OTTAWA — L’un des quatre sous-marins de la Marine royale canadienne restera amarré pour des réparations un an de plus après la découverte d’une fuite dans un réservoir de ballast qui n’a pas été correctement drainé.

La fuite sur le NCSM Corner Brook est le dernier d’une série de revers pour les quatre sous-marins du Canada, qui ont passé plus de temps en réparation qu’en mer depuis leur achat d’occasion à la Grande-Bretagne en 1998.

Le Corner Brook a été particulièrement touché, le navire étant amarré pour des réparations et des travaux d’entretien importants depuis les six dernières années après avoir heurté le fond de l’océan au large de la Colombie-Britannique en 2011.

Un incendie s’est également déclaré à bord du sous-marin en avril 2019 alors qu’il faisait l’objet de travaux aux chantiers navals de Victoria, mais le feu a été rapidement éteint.

Alors qu’il était planifié de remettre le sous-marin à l’eau en mai dernier, le ministère de la Défense nationale indique que l’on s’attend maintenant à ce qu’il ne soit pas prêt avant juin 2021.

Cela est dû à une fuite découverte dans l’un des principaux réservoirs de ballast après un essai en mars qui impliquait de vidanger le réservoir. «Pendant le test, la procédure normale de vidange du réservoir n’a pas été suivie et une fuite a été découverte par la suite», a déclaré la porte-parole du ministère de la Défense, Jessica Lamirande, dans un courriel à La Presse Canadienne.

L’essai a été mené par l’entrepreneur Babcock Canada, qui a reçu 1,3 milliard de dollars pour réparer et entretenir la flotte de sous-marins depuis 2008, avec du personnel aux chantiers navals de Victoria, a déclaré Jessica Lamirande.

Le président de Babcock, Mike Whalley, a confirmé dans une déclaration que «le NCSM Corner Brook a subi des dommages lors d’essais dans le cadre de l’entretien en profondeur continu du navire.»

«Nous continuons de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement du Canada pour nous assurer que l’entretien en profondeur et les travaux de maintenance du NCSM Corner Brook sont effectués de la manière la plus sécuritaire possible», a-t-il ajouté.

Jessica Lamirande a minimisé l’impact sur l’armée et les contribuables, affirmant que les coûts étaient couverts par l’entrepreneur et que le retard dans la mise à l’eau du sous-marin Corner Brook n’avait pas affecté de manière significative les opérations de la marine.

L’incident survient néanmoins à un moment critique pour la flotte sous-marine.

Le gouvernement libéral a promis pour la première fois en 2017 de prolonger la durée de vie des sous-marins, des sources évaluant le coût à plus de 2 milliards de dollars.

Pourtant, le gouvernement n’a pas encore appuyé sur la gâchette, même si le premier navire devrait atteindre la fin de sa vie en 2022.

Pendant ce temps, les conservateurs ainsi que le comité sénatorial de la défense ont demandé au gouvernement de renoncer à son intention de conserver la flotte existante et d’entamer le processus d’achat de pièces de rechange.

Ces appels se sont largement concentrés sur le fait que les sous-marins n’ont passé que de courts séjours en mer depuis qu’ils ont été achetés au Royaume-Uni il y a plus de 22 ans, bien que le gouvernement y ait englouti des milliards.

Même si ce dernier incident semble être hors de ce que le gouvernement peut contrôler, l’analyste de la défense David Perry de l’Institut canadien des affaires mondiales a déclaré qu’il était néanmoins plus difficile de justifier l’investissement de plus de deniers publics dans la flotte actuelle. «Lorsqu’ils ont du mal à les garder à l’eau et à assurer qu’il fonctionne … quelqu’un peut se demander si ça vaut vraiment l’investissement en temps et en argent», a indiqué David Perry.

Le vice-amiral de la Marine royale canadienne Art McDonald a insisté l’an dernier sur le fait que la flotte sous-marine pouvait continuer à fonctionner jusqu’en 2030 avec des «investissements modestes».

Le commentaire faisait suite à une année au cours de laquelle toute la flotte a été en grande partie amarrée pour des travaux d’entretien prolongés et des réparations.

Au total, la Défense nationale affirme que l’entretien des sous-marins coûte de 300 à 350 millions de dollars par an.

Jessica Lamirande a déclaré que le NCSM Victoria est revenu en mer en septembre et qu’il fait l’objet d’essais après des travaux, tandis que le NCSM Windsor doit reprendre le service au début de l’année prochaine.

Jessica Lamirande n’a pas fait le point sur le quatrième sous-marin, le NCSM Chicoutimi.

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