Un temps des Fêtes bien différent pour des travailleurs ou des étudiants étrangers

MONTRÉAL — Le film culte «Maman, j’ai raté l’avion» suit les péripéties du jeune Kevin McCallister, dont le souhait est exaucé de se retrouver seul durant les vacances de Noël. La morale de l’histoire étant que le temps des Fêtes, c’est bien plus joyeux en famille. Mais voilà que pour plusieurs personnes qui vivent à l’étranger, dans une autre province ou qui sont venues au Québec pour leurs études, cette option ne sera pas possible. Alors, que vont-elles faire durant cette période?

Débarqué au Québec le 17 décembre 2019 pour entamer une maîtrise en économie à l’UQAM, Christ Kevin Bazié a passé les Fêtes de l’an dernier seul. L’étudiant originaire du Burkina Faso n’a pas eu le temps de pleurer sur son sort, il était à la recherche d’un logement en plein hiver. «Le lendemain de mon arrivée, il faisait -19 degrés, je pensais presque perdre le bout de mes doigts», se remémore-t-il.

Il a trouvé plus difficile l’isolement causé par la pandémie. C’est en regardant l’un des points de presse quotidiens qu’il a été touché par l’appel à la mobilisation lancé par le gouvernement. Il s’est alors décidé à donner son nom pour prêter main forte en CHSLD.

Il explique qu’en plus de l’aider à vaincre la solitude, travailler en CHSLD l’a aidé à comprendre la société québécoise. «Je me suis retrouvé les deux pieds d’dans», dit-il en riant, preuve que cette expérience lui a également permis de se familiariser avec les expressions québécoises.

«J’ai beaucoup appris. Si j’étais resté à la maison, j’aurais peut-être été déprimé, mais sortir m’a aidé à garder le moral», ajoute-t-il.

Il prévoit continuer de donner un coup de main au Centre d’hébergement Émilie-Gamelin, à Montréal, durant son congé. «Ça me fait du bien de côtoyer des gens et de les voir. Je me sens moins seul», dit-il.

Michèle Jacques organise chaque année un parrainage de Noël pour mettre en lien des étudiants internationaux de l’UQAM avec des familles québécoises durant les Fêtes de fin d’année. L’initiative a dû être annulée en raison de la situation sanitaire.

«C’est un peu décevant, mais on espère pouvoir ramener l’événement l’an prochain», dit-elle. Elle se console en se rappelant qu’il y a eu moins d’étudiants étrangers cette année, donc moins de personnes susceptibles de se retrouver seules en cette période.

Se gâter

Le temps des Fêtes, aussi différent soit-il cette année, n’empêchera pas Élisabeth Gagnon d’en profiter. La jeune femme qui habite Londres depuis quatre ans revient habituellement au Québec auprès des siens à ce moment-ci de l’année.

Malgré les circonstances, elle se dit «très sereine». La situation de la capitale de l’Angleterre l’inquiète un peu, alors que Londres se reconfine et fait face à un nouveau variant du coronavirus.

Mais «c’est mon choix d’être ici, je l’assume complètement», confie-t-elle. Elle souligne que de rester en Angleterre sera probablement moins stressant que d’habitude. En temps normal, elle se déplace d’une réunion de famille à une autre tout en essayant de voir ses amis en une dizaine de jours. Elle aura donc deux semaines pour relaxer pleinement, et une pile de livres à lire l’attend déjà.

Elle prévoit passer ses vacances avec une amie. L’appartement sera bien vide tandis que ses autres colocataires iront rejoindre leur famille. Toutefois, une liste de chansons québécoises est prévue au programme pour réchauffer l’ambiance.

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses de Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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