Une adaptation en continu dans les sociétés de transport au pays

La réouverture graduelle de l’économie canadienne ne signifiera pas un retour à la normale pour les organisations de transport en commun du pays.

Malgré le fait qu’un nombre croissant de travailleurs retourneront lentement dans les autobus, les tramways et les métros du pays au moment où ils réintègrent les lieux de travail fermés à cause de la pandémie de COVID-19, les sociétés de transport qui les aideront à s’y rendre disent qu’elles prévoient de maintenir des mesures qui ont été mises en vigueur alors que la plupart de leurs usagers étaient en confinement.

Des niveaux de service réduits, un nombre de sièges restreint et des protocoles de nettoyage améliorés seront toujours en place, ont affirmé plusieurs sociétés de transport en commun, reconnaissant que davantage de mesures pourraient entrer en jeu au fil du temps mais refusant d’offrir des détails.

«La COVID-19 a tout changé pour nous», a déclaré Anne Marie Aikins, porte-parole du fournisseur régional de transport en commun de l’Ontario, Metrolinx, qui exploite le réseau GO Transit très fréquenté. «Cela ne va pas disparaître du jour au lendemain.»

Mme Aikins a affirmé que la plupart des plus de 40 mesures liées à la pandémie mises en œuvre depuis le début de l’année resteront en vigueur. Les passagers qui utiliseront de nouveau les services de Go Transit après leur interruption forcée se trouveront dans une réalité bien différente, a-t-elle déclaré, notant que les trains et les autobus ont maintenant des distributeurs de désinfectant pour les mains à bord et des chauffeurs assis derrière des écrans de protection.

Plusieurs sièges ont été bloqués dans l’intérêt à la fois de protéger le personnel de Metrolinx et d’encourager les passagers à maintenir la barrière de distance physique de deux mètres, a-t-elle indiqué.

Les gens qui ont continué d’utiliser les services Go n’avaient pas de mal à trouver des sièges, a souligné Mme Aikins, précisant que l’achalandage a chuté de 90% depuis que les fermetures généralisées sont entrées en vigueur à la mi-mars.

La disparité entre l’achalandage et les niveaux de service, a-t-elle dit, signifie que Go Transit a la possibilité de s’adapter à l’augmentation progressive du trafic prévue lorsque l’économie de l’Ontario commencera à rouvrir au cours des prochaines semaines.

Des conversations similaires ont lieu à la Commission de transport de Toronto (TTC), selon le porte-parole Stuart Green.

La société de transport en commun, qui a temporairement mis à pied 1200 employés au milieu d’une baisse de 85% de l’achalandage, maintient en opération de 70% à 80% de ses itinéraires habituels dans le but d’accommoder les travailleurs essentiels et ceux qui dépendent du transport en commun pour des déplacements cruciaux et des soins de santé.

Plusieurs défis subsistent pour conjuguer le maintien d’opérations et la sécurité publique.

«C’est vraiment un jeu d’équilibre», a déclaré M. Green. «Il s’agit de continuer à fournir des services aux personnes qui en ont besoin maintenant et d’être en mesure d’accueillir des personnes à mesure qu’elles commencent à revenir en supposant qu’il peut y avoir certaines exigences concernant la distance physique que nous devrons garder à l’esprit.»

Les demandes concernant les réseaux de transport en commun locaux augmenteront probablement en Alberta dès lundi, lorsque la plupart des services de santé de la province pourront reprendre. Les détaillants et les services personnels seront autorisés à ouvrir leurs portes 10 jours plus tard, le 14 mai.

À Winnipeg, où certaines entreprises rouvriront à compter de lundi, le directeur du Centre des opérations d’urgence de la ville, Jay Shaw, a déclaré que les autobus continueront de fonctionner à un horaire réduit, et qu’il y aura ajout de véhicules si la distanciation physique devient trop difficile à appliquer avec les ressources existantes.

De telles préoccupations sont dans l’esprit des employés du transport en commun, selon le syndicat représentant les travailleurs de la TTC.

Carlos Santos, président de la section locale 113 de l’Amalgamated Transit Union, a salué les efforts visant à doter les travailleurs d’équipements de protection, à redistribuer les sièges et à reconfigurer les protocoles d’embarquement dans les véhicules afin de garantir la sécurité du personnel.

Mais il a déclaré que des mesures plus proactives seront nécessaires pour assurer la santé des employés alors que les opérations de transport en commun s’intensifient progressivement.

«Je pense que ce qu’ils devront commencer à faire, c’est installer des marqueurs dans les gares et placer des marqueurs sur les plateformes… tout comme ils l’ont fait dans d’autres villes du monde qui ont commencé à rouvrir», a affirmé M. Santos.