Une ancienne athlète poursuit son entraîneur et l’U. de Victoria

VANCOUVER — Une ancien membre de l’équipe féminine d’aviron de l’Université de Victoria intente des poursuites contre l’entraîneur-chef et l’université, leur reprochant un comportement dégradant et agressif.

Dans une déclaration déposée à la Cour suprême de la Colombie-Britannique, Lily Copeland dit avoir été soumise à un langage offensant et dénigrant par Barney Williams lorsqu’elle était barreuse au sein de l’équipe pendant la saison 2018-2019. L’entraîneur lui aurait notamment reproché d’être «trop grosse».

Selon la poursuite, M. Williams «a créé un environnement d’entraînement hostile». L’athlète serait devenu son souffre-douleur, même devant ses coéquipières. L’entraîneur aurait critiqué son poids en public et la réprimandait dans une petite salle fermée à clé.

Aucune des allégations n’a été prouvée devant les tribunaux.

Dans un courriel adressé à La Presse canadienne, M. Williams a refusé de commenter la poursuite.

Il écrit toutefois qu’il est «déterminé à créer un environnement sain et gratifiant» pour chaque membre de l’équipe féminine d’aviron de l’université. Il cherche à faire «évoluer activement» ses méthodes d’entraîneur.

L’Université de Victoria a dit être au courant de la poursuite intentée contre elle, mais ajouté qu’elle n’en avait pas encore reçu l’avis officiel. Elle refuse de commenter pendant que la cause est devant les tribunaux.

«L’université s’efforce de fournir un environnement favorable et sûr à tous ses étudiants et prend au sérieux les allégations de comportement contraire aux politiques de l’université», a déclaré la directrice des relations avec les médias, Denise Helm, dans un courriel.

La poursuite signale l’existence d’une petite salle nommée «sauna» là où s’entraînaient les athlètes. M. Williams y enfermait Mme Copeland de trois à cinq fois par semaine. Il lui parlait de façon agressive au point où elle s’est sentie physiquement menacée.

À cause de ses épisodes de «sauna», Mme Copeland arrivait souvent en retard à ses cours, lorsqu’elle ne les ratait pas.

Selon la poursuite, Mme Copeland a souffert de symptômes physiologiques induits par le stress, de maux de tête. Elle a perdu sa confiance et son estime de soi.

La poursuite reproche à l’Université de Victoria d’avoir contribué à la situation en omettant de fournir à l’athlète des environnements sûrs pour l’apprentissage, la formation et la compétition.

Elle dit que l’institution n’a pas réussi à superviser correctement M. Williams et à lui adopter des normes d’entraînement appropriées pour les athlètes universitaires. L’université n’a pas su réagir lorsque Mme Copeland s’est plainte de manière informelle au directeur adjoint des programmes sportifs en octobre 2018.

Mme Copeland a ensuite déposé une plainte officielle auprès du bureau de l’équité et des droits de la personne de l’université. Selon la poursuite, au moins deux autres membres de l’équipe se sont également plaints de M. Williams.

L’Université a embauché l’an dernier un arbitre qui a conclu que le comportement de l’entraîneur ne contrevenait pas à la politique de discrimination et de harcèlement à l’échelle du campus.

Aviron Canada mène actuellement une enquête sur M. Williams, qui continue d’entraîner.

On s’attend à ce que l’université mette en œuvre un nouveau code pour les entraîneurs d’ici la fin de l’année. Elle compte apporter des améliorations au processus de plainte pour les athlètes universitaires.

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