Legault croit pouvoir joindre tant les nationalistes que les anglophones

LONGUEUIL, Qc — Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) croit que son parti peut joindre tant les anglophones que les électeurs plus nationalistes, à l’image de sa nouvelle candidate, qui a déjà tenté de se faire élire sous la bannière d’un parti souverainiste.

«J’essaie de dire aux anglophones: on va protéger vos droits comme le font les libéraux, mais par contre, être plus riches, être plus éduqués, avoir des soins avec des délais d’attente plus courts, c’est bon autant pour les anglophones, que pour les francophones et que pour les allophones», a déclaré François Legault, mardi, lors d’une conférence de presse à Longueuil, en compagnie de sa nouvelle candidate dans Marie-Victorin, Martyne Prévost.

Le chef caquiste est allé visiter les électeurs anglophones de l’Ouest de l’île de Montréal, la fin de semaine dernière, et il leur a promis que «jamais, jamais» un gouvernement caquiste ne tiendrait de référendum sur la souveraineté. Selon un média local, le West Island Blog, M. Legault a déclaré qu’il était temps «d’exclure ce débat».

Toutefois, l’équipe caquiste a dans ses rangs plusieurs anciens membres du Parti québécois, dont le chef lui-même et la candidate qu’il a présentée mardi. Martyne Prévost avait tenté en 2007 et en 2008 de se faire élire pour le parti souverainiste.

Mme Prévost a assuré qu’elle n’était plus indépendantiste et qu’elle voterait «non» s’il y avait un référendum, mais elle a du même coup affirmé qu’il était important pour elle de faire la promotion d’un Québec «très, très fort» à l’intérieur du Canada.

Or, selon le chef, ces différentes factions ne sont pas irréconciliables.

«(Les anglophones) m’ont demandé: « qu’est-ce que vous avez à proposer pour les anglophones? » J’ai dit: « Rien! Rien de plus, rien de moins que les libéraux »», a-t-il expliqué.

«Il y a une majorité de Québécois qui souhaite que ce soit le gouvernement du Québec qui ait des pouvoirs en matière identitaire, mais il y a une majorité de Québécois qui ne veut rien savoir de la souveraineté. Je pense que notre proposition pour défendre la nation québécoise est plus forte, plus réaliste et va donner des meilleurs résultats que celle du Parti québécois.»

En anglais, M. Legault a expliqué qu’il souhaitait éliminer les divisions entre les Québécois francophones et anglophones, soulignant qu’il était important de protéger les deux communautés.

«Je suis content de voir des gens venir du Parti québécois ou du Parti libéral pour joindre leurs forces et s’assurer que nous ayons une meilleure économie», a-t-il ajouté.

La bataille de Marie-Victorin

Martyne Prévost est une femme d’affaires de la Rive-Sud. Elle a longtemps oeuvré dans le secteur culturel, mais elle assume maintenant les fonctions de directrice générale du Collège La Cabriole, un cégep privé spécialisé en équitation situé à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Mme Prévost n’habite pas la circonscription qu’elle souhaite représenter, mais elle a été élevée à Longueuil et elle y a fait ses études.

Elle se mesurera à la députée péquiste Catherine Fournier, qui avait remporté son siège avec plus de 52 pour cent des voix à l’élection partielle de 2016. Le candidat solidaire Carl Lévesque, qui avait terminé deuxième au dernier scrutin, sera aussi de la course cette année.

Depuis sa création en 1981, les électeurs de Marie-Victorin ont presque toujours élu un député du Parti québécois, mis à part une courte parenthèse libérale entre 1984 et 1985. Il s’agit de l’ancien bastion des ex-ministres Pierre Marois et Bernard Drainville.

Selon le site de projection électorale Qc125, cette circonscription pourrait toutefois basculer en faveur de la CAQ, comme plusieurs autres sièges en banlieue montréalaise.

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Résultats de l’élection partielle de décembre 2016 dans Marie-Victorin:

— Catherine Fournier (Parti québécois): 52,49 pour cent (4599 voix de majorité)

— Carl Lévesque (Québec solidaire): 14,19 pour cent

— Julie Chapdelaine (Coalition avenir Québec): 14,15 pour cent

— Normand Parisien (Parti libéral du Québec): 13,44 pour cent

Taux de participation: 25,71 pour cent

(Source: Directeur général des élections)

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