Une avocate nommée à la tête du Musée canadien pour les droits de la personne

WINNIPEG — Isha Khan, une avocate de Winnipeg ayant consacré sa carrière à la défense des droits de la personne, prend la barre d’un musée national plongé dans la tourmente en raison d’accusations de racisme, d’homophobie, de sexisme et de censure.

«Je suis excitée de m’impliquer dans l’organisation, d’apprendre à connaître les gens là-bas, de faire le travail qui doit être fait», a déclaré Mme Khan en entrevue à La Presse Canadienne.

Le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, a annoncé lundi sa nomination à titre de nouvelle directrice générale du Musée canadien pour les droits de la personne.

Elle est la première femme à occuper ce poste de manière non intérimaire depuis l’inauguration de l’institution muséale à Winnipeg en 2014. Elle est également la première personne racisée à remplir ces fonctions.

Son mandat d’une durée de cinq ans doit débuter dès le 17 août.

Mme Khan est présidente du conseil d’administration de Centraide Winnipeg et elle se penche depuis octobre dernier sur les conditions d’incarcération des détenus fédéraux en confinement. Elle a également été directrice générale de la Commission des droits de la personne du Manitoba de 2015 à 2019, dont elle était auparavant la conseillère juridique principale.

«La feuille de route d’Isha Khan fait état d’un engagement et d’un dévouement marqués envers les droits de la personne, des qualités qui font d’elle une candidate hautement qualifiée pour occuper le poste de directrice générale du Musée canadien pour les droits de la personne», a déclaré le ministre Guilbeault dans un communiqué.

Cette nomination marque une étape «cruciale et constructive» vers le rétablissement de la confiance envers le musée, a pour sa part déclaré la présidente de son conseil d’administration et directrice par intérim, Pauline Rafferty.

Mme Rafferty a présenté ses excuses la semaine dernière après qu’un rapport indépendant eut confirmé que les employés du musée avaient été victimes de racisme systémique et d’autres mauvais traitements. Le rapport comprenait 44 recommandations.

Des témoignages avaient été publiés en ligne par un groupe intitulé « CMHR Stop Lying » après que le musée eut publié des images d’un rassemblement « Justice for Black Lives » en juin. Des employés actuels et anciens ont soutenu qu’il était hypocrite de la part du musée d’évoquer le rassemblement Black Lives en raison du racisme auquel ils étaient confrontés au travail.

Des employés ont également révélé qu’ils avaient été forcés de censurer des expositions sur l’histoire des lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres et queers à la demande de certains groupes scolaires qui ont visité le musée.

Certains employés ont affirmé avoir dû censurer les expositions sur l’histoire des LGBTQ à la demande de certains groupes scolaires qui ont visité le musée.

Ces allégations ont provoqué la démission de l’ancien directeur John Young.

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