Une baisse des tarifs d’électricité en Ontario qui coûtera cher à long terme

TORONTO – Le gouvernement libéral de l’Ontario a annoncé jeudi que les tarifs d’électricité seront réduits en moyenne de 17 pour cent l’été prochain — un an avant les prochaines élections générales. Mais cette mesure coûtera à plus long terme des milliards de dollars aux contribuables en paiements d’intérêts.

Critiquée depuis des mois par les Ontariens pour les tarifs élevés d’électricité, la première ministre Kathleen Wynne a annoncé jeudi diverses mesures pour faire baisser la facture, notamment celle des clients à faible revenu et en régions. Mais elle a aussi reconnu que les contribuables paieront «un peu plus» à long terme. Elle a cependant estimé que ce n’est pas à la seule génération actuelle de payer pour hier et demain.

Les Ontariens ont vu leur facture d’électricité pratiquement doubler depuis une dizaine d’années — et plus vite que l’inflation depuis 2010. La popularité de Mme Wynne a atteint des profondeurs abyssales, ce qui fait dire au chef progressiste-conservateur, Patrick Brown, qu’en annonçant cette mesure, la première ministre tente de sauver le navire.

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, estime que le gouvernement libéral veut obtenir des gains à court terme, pour les élections de juin 2018, en balayant le problème sous le tapis.

Mme Wynne soutient que les hausses de tarifs étaient attribuables aux investissements dans le réseau de distribution, à la remise à niveau des centrales nucléaires et à l’abandon des centrales au charbon. Elle reconnaît cependant que les contrats à long terme conclus avec les producteurs d’énergies renouvelables ont été «trop généreux».

La première ministre soutient que l’Ontario dispose maintenant d’un réseau propre et fiable, mais elle estime que le fardeau de ces travaux ne doit pas reposer sur les seules épaules des clients actuels.

À court terme, les prochaines hausses annuelles de tarifs seront modulées sur l’inflation. Le ministre de l’Énergie, Glenn Thibeault, estime que ces baisses de tarifs coûteront à la province environ 25 milliards $ sur 30 ans; l’opposition parle plutôt de 42 milliards $.

La réduction moyenne de 17 pour cent vient s’ajouter à une baisse de 8 pour cent en vigueur depuis janvier. Cette première baisse devait coûter environ 1 milliard $ par année aux contribuables.

Mme Wynne a soutenu jeudi que ces mesures n’empêcheront pas son gouvernement d’atteindre le déficit zéro au prochain budget, même si ce sera plus difficile. Sceptiques, les néo-démocrates rappellent que les libéraux avaient désespérément besoin de vendre une partie d’Hydro One (transport et distribution) afin de dégager 4 milliards $ pour les infrastructures.