Une centaine de chirurgies par semaine seront reportées au CHU de Québec

Le CHU de Québec-Université Laval (CHU) doit procéder à un délestage de l’ordre de 20 à 35 % des activités de chirurgies et de rendez-vous en cliniques externes afin d’accueillir les patients de plus en plus nombreux atteints de la COVID-19.

Il s’agit d’une centaine de chirurgies par semaine et quelques centaines de rendez-vous qui sont reportés à partir de mercredi.

En point de presse, mardi, le directeur des services professionnels au CHU, le Dr Stéphane Bergeron, a parlé d’une «situation qu’on espérait éviter» à l’amorce d’une troisième vague qui frappe très durement la Capitale-Nationale.

Selon le relevé fait par M. Bergeron, en date de mardi, il y avait 63 patients atteints de la COVID-19 au CHU de Québec, dont 14 aux soins intensifs, en plus de «sept patients COVID à l’urgence».

Ces patients s’ajoutent «à tous les autres qui n’ont pas la COVID et qui ont besoin de soins, et de soins urgents», a-t-il souligné.

Des unités en soins intensifs sont ajoutées dans le réseau, mais le manque de ressources humaines est le problème le plus criant qui rend nécessaire le délestage majeur annoncé mardi.

M. Bergeron a fait état de 66 intervenants au CHU de Québec atteints de la COVID-19, en plus de 76 en isolement préventif.

«Ce sont 140 paires de bras sur lesquelles on ne peut pas compter, alors que nous sommes déjà en situation de manque dans le réseau», a-t-il illustré.

«Des lits, on peut en ouvrir plusieurs, ce qui est plus difficile, ce sont les ressources humaines et des gens pour s’occuper des patients.»

Des secteurs seront priorisés et épargnés par ce délestage majeur, comme l’oncologie, la pédiatrie et l’obstétrique.

La situation évolue rapidement, et il pourrait y avoir des niveaux supérieurs de délestage, a prévenu M. Bergeron.

«Ce sont des patients avec des noms, des familles, des gens qui sont en attente de chirurgie depuis longtemps dans certains cas, de prises de rendez-vous et qui devront attendre encore», a-t-il souligné.

«Cette situation est épouvantable, elle nous écoeure, mais nous n’avons plus le choix.»

M. Bergeron a salué le «travail colossal» des équipes soignantes du CHU, et a lancé du même souffle un appel à la population.

«Vous supportez de façon extraordinaire la population, et je me retourne vers la population pour lui demander de vous supporter à son tour, et la manière de le faire, c’est de respecter les consignes de santé publique. Nous sommes tannés, nous sommes tous tannés de la COVID. On a l’impression d’en arriver aux derniers milles, et nous devons faire les derniers efforts pour gravir cette pente-là», a-t-il déclaré.

«Si l’on se dit face à ce ras-le-bol, « je vais adopter des conduites qui me mettent encore plus à risque de transmettre la COVID », on se tire dans le pied et empire notre situation, c’est la dernière chose à faire. Il nous faut continuer à nous soutenir collectivement.»

La Capitale-Nationale a signalé mardi 341 nouveaux cas de COVID-19, par rapport à 282 la veille.

Le premier ministre François Legault a annoncé que les mesures d’urgence destinées à freiner la propagation de la COVID-19 seraient prolongées jusqu’au 25 avril. Les mesures à Québec incluent le couvre-feu de 20 heures à 5 heures le lendemain matin, la fermeture de tous les commerces non essentiels, de même que la fermeture des écoles primaires et secondaires.

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