Une certification pour bien encadrer les petits éleveurs de chats et de chiens

MONTRÉAL — Avec sa nouvelle certification pour les élevages et garderies de chiens et de chats, l’Association nationale d’intervention pour le mieux-être animal au Québec (ANIMA-Québec) souhaite protéger les animaux, mais aussi combler un vide législatif.

Si les propriétaires de 15 ou plus de ces animaux doivent détenir un permis du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), «actuellement, au Québec, on n’a pas de réglementation ferme en ce qui concerne les petits éleveurs», a expliqué la directrice générale de l’organisme, la médecin vétérinaire Chantal Allinger, en entrevue téléphonique.

«C’est une situation qui est quelque peu problématique, parce qu’il y a plein de gens qui se lancent dans l’élevage en pensant que c’est très lucratif et facile, quand ce n’est absolument pas le cas», a-t-elle déploré. 

Le programme de certification d’ANIMA-Québec a été financé par le MAPAQ.

Avant d’apposer son sceau, l’organisme à but non lucratif vérifie si l’établissement s’assure de la santé physique de ses chiens ou chats, notamment en leur procurant de l’exercice, de la nourriture de qualité et un environnement hygiénique, mais aussi de leur santé psychologique.

«Quand l’animal est très jeune, on veut qu’il ait de l’enrichissement, que cet animal-là soit manipulé, qu’il soit socialisé, qu’il soit mis dans toutes sortes de conditions pour qu’il puisse, tranquillement pas vite, en grandissant, être habitué à ces choses-là et ne pas connaître de problématiques plus tard», a-t-elle dit. La taille de la cage aussi peut être un facteur, tout comme la possibilité d’interagir avec d’autres animaux.

Un autre critère évalué par ANIMA-Québec est le suivi fait auprès de l’adoptant. Selon la Dre Allinger, «il y a beaucoup de gens, malheureusement, qui vivent des expériences extrêmement difficiles où ils n’ont pas de soutien de l’éleveur après l’adoption (…) les nouveaux propriétaires sont très désemparés, essaient d’aller chercher des conseils à gauche et à droite». Des fois, une visite chez le vétérinaire révèle que le chien ou le chat a une malformation cardiaque ou une maladie chronique et que ses jours sont comptés, «et comme il n’y a pas de contrat adéquat, de suivi adéquat de l’éleveur, les gens se retrouvent à perdre non seulement les sous qu’ils ont investis», mais aussi un membre de leur famille auquel ils se sont attachés.

Zone grise

D’après la Dre Allinger, les éleveurs de 2 à 14 animaux eux-mêmes ne savent pas toujours sur quel pied danser, comme «ils sont réglementés de façon très variable d’une municipalité à l’autre» et «parfois, au sein de la même municipalité, il n’y a pas vraiment de règles très claires à ce sujet-là».

«Pour gérer ce type de questions là, ça exige des compétences qui sont très spécifiques, des expertises» qu’un conseil municipal n’a pas toujours sous la main, a-t-elle dit.

C’est ce vide qu’ANIMA-Québec cherche à combler avec sa certification, qui inclut aussi «un accompagnement avec les éleveurs, c’est-à-dire qu’on les guide et qu’on les soutient de façon constructive pour les amener à des standards très élevés». Les évaluateurs sont des professionnels du milieu a assuré la docteure, soit «des médecins-vétérinaires, des techniciens en santé animale» ou d’autres responsables «qui ne sont ni des éleveurs ni des propriétaires de pensions» par souci de neutralité.

Toutefois, passer par ce processus reste un choix volontaire.

De plus, même si le MAPAQ recense plus de 350 éleveurs de 15 ou plus chats ou chiens sur le territoire du Québec, il est impossible de dire combien de plus petits élevages ou pensions sont aujourd’hui en activité, ou comment ils traitent les animaux dont ils ont la garde.

Le site internet du MAPAQ fait état de 114 condamnations liées à la santé ou au bien-être d’animaux dans les deux dernières années. Cette liste ne spécifie cependant pas si l’infraction a été commise par un individu ou une entreprise, ni de quelle espèce animale il est question.

Les raisons les plus souvent citées dans cette liste sont l’absence de soins appropriés pour un animal souffrant, des manquements à la sécurité et un environnement insalubre ou inapproprié.

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