Une chercheuse veut que la pandémie amène plus d’attention aux Autochtones

SASKATOON — Une chercheuse en santé qui étudie la COVID-19 dans le cadre d’un groupe de travail sur l’immunité espère que la pandémie amènera plus d’attention aux questions de santé qui restent problématiques chez les Autochtones du pays.

«Cette pandémie a ouvert les yeux de nombreuses personnes à travers le Canada, a dit la Dre Carrie Bourassa, directrice scientifique de l’Institut de la santé des Autochtones. J’aimerais penser que ces études vont changer beaucoup de politiques concernant les Canadiens et les peuples autochtones.»

Elle espère que la crise «aidera les gens à comprendre que l’équité n’a pas été atteinte pour les peuples autochtones du Canada.»

Mme Bourassa a été sollicitée pour proposer un plan visant à impliquer les Premières Nations, les Métis et les Inuits dans des études sur la façon dont le virus s’est propagé et d’autres au sujet des gens immunisés.

Anishinaabe-Métisse et professeure à l’Université de la Saskatchewan, elle mentionne qu’un cercle consultatif autochtone sera bientôt annoncé pour le projet, qui doit durer deux ans.

Il est essentiel que les peuples autochtones soient inclus dans ces études, a-t-elle déclaré, car ils pourraient être plus sensibles au virus, compte tenu de facteurs tels que le logement surpeuplé et le faible accès à des aliments sains et à de l’eau non contaminée.

«Ce sont maintenant d’énormes facteurs de risque atténuants, a-t-elle déclaré. Ça prend une ampleur encore plus grande en période de pandémie.»

Le gouvernement fédéral a signalé au moins 190 cas de COVID-19 dans les réserves du Québec, de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, de la Saskatchewan et de l’Ontario.

Des communautés du nord de la Saskatchewan dont La Loche, un village déné à 600 kilomètres de Saskatoon, ont dû faire face à une épidémie. Le virus s’y est propagé à la suite du passage d’une personne qui a été dans un camp de travail des sables bitumineux, dans le nord de l’Alberta.

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a déclaré qu’à la sortie de la pandémie, il faudra élaborer un plan clair pour faire face aux réalités telles que le surpeuplement, le sous-financement historique des services de santé et les taux élevés de diabète.

Mme Bourassa a déclaré que l’accès aux soins de santé est une grande préoccupation, y compris l’accès futur à un vaccin potentiel.

«Il arrive souvent que les populations marginalisées n’aient pas accès à des traitements.»