Une cinquantaine de personnalités prodémocratie arrêtées à Hong Kong

HONG KONG — À Hong Kong, une cinquantaine de personnalités prodémocratie ont été arrêtées par la police mercredi en vertu d’une loi sur la sécurité nationale, à la suite de leur implication dans une élection primaire non officielle organisée l’année dernière pour augmenter leurs chances de contrôler la législature, selon des médias locaux. 

Parmi les personnes arrêtées figurent d’anciens législateurs et des militants prodémocratie. Le groupe a été arrêté pour suspicion de subversion en vertu de la loi sur la sécurité nationale de la ville, selon les articles du journal local «South China Morning Post» et de la plateforme d’informations en ligne «Now News». 

Au moins sept membres du Parti démocratique de Hong Kong — le plus grand parti d’opposition de la ville — ont été arrêtés, dont l’ancien président du parti Wu Chi-wai. D’anciens législateurs, dont Helena Wong, Lam Cheuk-ting et James To, ont également été arrêtés, selon un message publié sur la page Facebook du parti.  

Les militants et les législateurs prodémocratie avaient organisé en juillet dernier une élection primaire non officielle pour déterminer quels candidats ils devraient présenter à une élection législative maintenant reportée qui augmenterait leurs chances d’obtenir la majorité des sièges à la législature. 

Gagner une majorité permettrait au camp prodémocratie de voter contre ce qu’il considère comme une politique gouvernementale pro-Pékin. 

Plus de 600 000 Hongkongais ont voté lors des primaires, bien que les législateurs et les politiciens pro-Pékin aient critiqué l’événement et averti qu’il pourrait enfreindre la loi sur la sécurité nationale de la ville, qui a été imposée à la ville par Pékin en juin pour étouffer la dissidence après des mois de manifestations antigouvernementales. Pékin a qualifié les primaires «d’illégales» et de «provocation grave». 

À la suite du transfert de Hong Kong à la Chine par les Britanniques en 1997, la ville chinoise semi-autonome a fonctionné en vertu du principe «d’un pays, deux systèmes» qui lui confère des libertés que l’on ne trouve pas sur le continent. Ces dernières années, Pékin a affirmé plus de contrôle sur la ville, suscitant des critiques selon lesquelles les libertés de Hong Kong seraient attaquées. 

Les élections législatives, initialement prévues pour septembre, ont ensuite été reportées d’un an après que la dirigeante de Hong Kong, Carrie Lam, eut affirmé que la tenue d’élections constituerait un risque pour la santé publique compte tenu de la pandémie de coronavirus. Le camp prodémocratie a dénoncé le report le qualifiant d’inconstitutionnel. En novembre, tous les législateurs prodémocratie de Hong Kong ont démissionné après que Pékin eut adopté une résolution qui a conduit à la disqualification de quatre députés de leur camp.

– Par Zen Soo, The Associated Press

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