Une coalition organise une tournée panquébécoise pour parler d’éducation

MONTRÉAL — Une coalition d’organismes citoyens invite la population québécoise à s’exprimer sur le système d’éducation dans le cadre d’une tournée qui s’arrêtera au printemps dans 18 villes de la province.

Le mouvement Parlons éducation, mis sur pied par les organisations Debout pour l’école, l’École ensemble, Je protège mon école publique et le Mouvement pour une école moderne et ouverte, souhaite recueillir les impressions, les idées et les réflexions des Québécois sur leur système scolaire, aussi bien de la part des élèves que de leurs parents, des professionnels de l’éducation et d’autres citoyens interpellés par la question.

Les participants seront notamment invités à s’exprimer sur la mission de l’école, l’équité du système d’éducation, l’inclusion sociale et culturelle des populations scolaires, le respect et la valorisation des compétences professionnelles des membres du personnel scolaire de même que la démocratisation du système scolaire québécois «dans toutes ses composantes».

Triste constat

«La démarche de Parlons éducation se veut rigoureuse et construite sur le dialogue, a expliqué Suzanne-G. Chartrand, porte-parole du mouvement qui bénéficie de l’appui de près d’une trentaine de partenaires. Elle s’appuie sur une conception progressiste prônant une éducation qui promeut l’émancipation culturelle et collective.»

La coalition entame sa démarche en se basant sur un triste constat. «Les problèmes de l’école québécoise s’accumulent et, malgré des négociations, des rapports, des pétitions, des interventions publiques et des mobilisations populaires depuis plus de 20 ans, les gouvernements successifs ne les ont pas résolus; ils se sont même amplifiés», déplore-t-on.

«On a vu que tous les partis politiques avaient relégué les questions d’éducation à la fin de leurs priorités, à la fin de la liste de leurs engagements, de Québec solidaire au Parti conservateur. L’enjeu du système d’éducation a presque été ignoré», a déploré Stéphane Vigneault, membre du comité d’organisation stratégique de Parlons Éducation, lors d’un point de presse tenu mardi.

Pour les jeunes

Comme ils sont les principaux usagers du système d’éducation actuel et futur, les jeunes seront au cœur de la démarche de Parlons Éducation, qui souhaite recueillir leurs témoignages en grand nombre.

Ce faisant, les réflexions porteront sur l’éducation préscolaire, primaire et secondaire, de même que la formation générale des adultes ou professionnelle, mais ne toucheront pas la thématique de l’éducation supérieure.

«Le point de vue des jeunes n’est pas nécessairement plus important que ceux des autres, il n’est pas le seul qui compte, mais c’est la complémentarité de ces opinions qui font la force d’un mouvement intergénérationnel comme celui-ci», a fait valoir Lylou Sehili, co-porte-parole et chargée de mobilisation du comité jeunesse du mouvement.

«Les crises sociales et écologiques, l’omniprésence des technologies de communication: tout ça a une influence sur la vision des jeunes, sur leur conception du monde, de l’argent, du travail, du succès, de la réussite et de l’école. Ça ne veut pas dire la même chose que pour les générations qui ont précédé», a-t-elle ajouté.

Des ateliers d’expression et de préparation seront par ailleurs organisés à l’attention des jeunes qui voudront prendre part à l’une ou l’autre des séances de consultation.

«Ce forum-là, c’est une manière pour les jeunes de dire ce qu’ils ont envie d’apprendre à l’école, par exemple l’éducation à l’environnement, une éducation financière, sexuelle et politique. On a déjà eu l’occasion de sonder des jeunes, et beaucoup sentent que l’école n’a pas réussi à les préparer de manière adéquate à la réalité qui les attend après», illustre Mlle Sehili, également co-fondatrice du Devoir environnemental collectif, aujourd’hui la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social.

Tournée

La tournée se déroulera entre le 10 mars et le 3 juin. Les villes de Montréal (10-11 mars et 14 avril) , Longueuil (17 et18 mars), Sept-Îles (24 et 25 mars), Laval ( 24 et 25 mars), Sherbrooke (31 mars- 1er avril), Québec (14 et 15 avril), Chicoutimi, Gaspé, Caplan (toutes trois visitées les 21 et 22 avril), Drummondville (28 et 29 avril), Saint-Jérôme (28 et 29 avril), Alma, Lévis, Gatineau (toutes trois visitées les 5 et 6 mai), Joliette (12 et 13 mai), Rimouski (26 et 27 mai), Trois-Rivières (26 et 27 mai) et Rouyn (2 et 3 juin) sont prévues à l’itinéraire.

La coalition prévoit publier une synthèse des réflexions citoyennes colligées à la fin de la présente année. Elle mettra l’accent sur les consensus obtenus et les chantiers à mettre en œuvre pour qu’une «école équitable et de qualité pour tous existe enfin au Québec».

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Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière de la Bourse de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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