Une coalition réclame une enquête sur la GRC en Colombe-Britannique

VANCOUVER — Les chefs héréditaires de la Première Nation de Wet’suwet’en et leurs partisans réclament une enquête sur la façon dont la GRC contrôle l’accès à un chemin forestier dans le nord de la Colombie-Britannique.

La GRC dit avoir renforcé la présence policière à cet endroit afin de prévenir des disputes entre partisans et opposant de l’oléoduc Coastal GasLink. Des agents disent avoir découvert de nombreux pièges le long de cette route.

Les chefs, l’Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique et l’Union des chefs de la Colombie-Britannique soutiennent que les policiers restreignent illégalement l’accès au territoire traditionnel de Wet’suwet’en.

«Nous ne pouvons pas être criminalisés pour avoir utilisé notre loi pour accéder à nos terres, à notre nourriture, à nos médicaments, à notre mode de vie», a déclaré le chef Na’moks, lors d’une conférence de presse à Vancouver.

La coalition a déposé une plainte auprès de la Commission civile d’examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC. Elle souhaite que la présidente Michelaine Lahaie examine le dossier et lance une enquête d’intérêt publique.

Selon Harsha Walia, directrice générale de l’Association des libertés civiles, l’application de la loi par la GRC au point de contrôle était «incohérente, arbitraire et discriminatoire».

Mme Walia a mentionné que la coalition avait soumis huit témoignages provenant de personnes à qui l’accès au territoire avait été refusé. Seuls des avocats autorisés à exercer en Colombie-Britannique ou les chefs héréditaires pouvaient y aller, aurait-on dit à certaines d’entre elles.

«Les agents de la GRC au poste de contrôle ont cité une série de politiques et de procédures incohérentes et changeantes pour ceux qui étaient refoulés, a-t-elle dénoncé. La plupart d’entre elles n’ont aucune corrélation avec l’objectif déclaré de sécurité publique.»

En décembre, la Cour suprême de la Colombie-Britannique avait accordé à Coastal GasLink une injonction visant à supprimer tous obstacles sur les routes, les ponts ou chantiers de l’entreprise. Elle autorisait la GRC à arrêter et à renvoyer toute personne ayant des «motifs raisonnables ou probables» de croire qu’elle était au courant de l’ordonnance et y contrevenait».

Une porte-parole de la GRC, Janelle Shoihet, a déclaré dans un courriel que les policiers avaient partagé leur protocole d’intervention avec les chefs héréditaires.

«Le point de contrôle a été établi pour répondre aux préoccupations de sécurité liées aux dangers, notamment les arbres tombés, les caches d’essence et les tas de pneus qui ont été intentionnellement placés le long de la route», a-t-elle écrit.