Une coiffe perlée qui se trouvait au musée de Lachine est restituée à la Nation crie

MONTRÉAL — Une coiffe perlée cérémoniale de la Nation crie, confectionnée il y a plus de 170 ans, quitte le Musée de Lachine pour retourner dans la communauté, plus précisément à l’Institut culturel cri Aanischaaukamikw.

L’objet rare avait été confectionné pour la conjointe du chef de la communauté de Mistissini, Jane Gunner. Ce genre de coiffe était porté à l’époque par les femmes cries lors de cérémonies soulignant le retour d’une chasse importante ou un mariage. Il s’agit d’un objet à la fois culturel, patrimonial et spirituel. 

«En 2016, la coiffe a été prêtée à la communauté crie et c’est à ce moment-là que la famille a reconnu que ça faisait partie de son héritage», a expliqué la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Des discussions s’étaient alors entamées, au bout desquelles la coiffe avait fait l’objet d’une demande de restitution en juin 2019.

«Un acte profond de décolonisation»

Le grand chef du Grand Conseil des Cris, Abel Bosum, qui participait à la conférence de presse virtuelle, s’est dit extrêmement touché par ce geste.

«Cette magnifique coiffe a une importante signification cérémoniale pour le peuple cri. Elle a un lien direct avec la famille Gunner de Mistissini et elle aurait été fabriquée par Jane Gunner autour de 1850. C’est un peu comme si on était réunis avec un membre de la famille que l’on avait perdu de vue depuis longtemps.

«Le rapatriement de notre trésor culturel est un acte profond de décolonisation», a ajouté le grand chef Bosum.

Selon lui, la restitution de l’objet cérémonial à la communauté permet de transmettre la culture et l’histoire de son peuple aux générations futures. 

La coiffe perlée est faite de laine, de perles de verre et de coton. Elle avait été donnée au musée de Lachine en 1948 par un collectionneur privé du nom Fred Russell Hamilton, mais on ne sait pas comment ce dernier se l’était procurée. Elle a fait l’objet d’une restauration complète il y a une quinzaine d’années.

La mairesse Plante inscrit cette restitution dans la Stratégie de réconciliation avec les peuples autochtones de la métropole. 

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