Une commission se penchera sur l’élargissement de l’aide médicale à mourir

QUÉBEC — L’Assemblée nationale s’attaque à nouveau à la question de l’aide médicale à mourir, cette fois dans une perspective d’élargissement.

Une commission multipartite a été mise sur pied mercredi à l’Assemblée nationale pour amorcer des travaux en ce sens. Comme ce fut le cas de la commission «Mourir dans la dignité» à l’époque, cette commission se tiendra loin de la politique partisane, a averti sa présidente, la députée caquiste de Roberval, Nancy Guillemette.

«La mort, la souffrance, la dignité de l’être humain, ce sont des sujets qui doivent faire partie de débats non teintés de partisannerie et c’est dans le même élan que la première commission sur l’aide médicale à mourir que nous entreprenons ces travaux», a-t-elle dit.

La nouvelle réflexion portera notamment sur la question de l’offre d’une aide médicale à mourir aux personnes inaptes, un enjeu fort délicat, a reconnu la vice-présidente de la commission, la députée libérale de Maurice-Richard, Marie Montpetit.

«Socialement, notre pensée à tous a évolué, mais ça reste encore délicat pour plusieurs. Ça soulève beaucoup d’enjeux moraux, d’enjeux éthiques. Je pense qu’on arrive tous dans une posture où on prendra le temps de faire les choses comme il faut», a-t-elle fait valoir en insistant sur la nécessité «de ne pas faire ça derrière des portes closes, mais de façon ouverte de façon très transparente».

La députée péquiste Véronique Hivon, marraine de la première démarche il y a maintenant plusieurs années et qui siège sur le comité directeur de la commission, a rappelé que les députés ont le devoir de traiter ces questions, sans quoi, d’autres le feront à leur place.

«C’est fondamental que ces débats comme élus, on ne les fuie pas, mais qu’on les embrasse, qu’on ne laisse pas les tribunaux uniquement s’en occuper, parce qu’on est des élus. On est élus pour des choses plus faciles et des choses plus difficiles», a-t-elle dit.

La délicate question de l’inaptitude

Déjà, les députés s’attendent à ce que la question d’offrir l’aide médicale à mourir aux personnes inaptes, notamment celles souffrant de démences comme la maladie d’Alzheimer ou ayant des graves problèmes de santé mentale, soit au centre des débats.

«La question de l’inaptitude des personnes qui ont des démences, ça vient chercher énormément de gens qui se posent des questions et qui souhaitent qu’on fasse cette réflexion-là assurément. Je pense qu’il y a beaucoup de gens heureux que le Québec prenne cette question-là à bras le corps», a dit Mme Hivon. 

Siégeant aussi sur le comité directeur, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a reconnu qu’il s’agissait là de questions lourdes de sens.

«Nous aurons besoin d’entendre les gens de partout dans société québécoise à savoir quoi faire avec cette question qui est éminemment sensible, qui pose des questions éthiques bien sûr, mais même de façon philosophique ou épistémologique sur qu’est-ce que la santé mentale elle-même», a-t-il dit.

La commission doit remettre son rapport dans un laps de temps assez court, soit dans huit mois, mais Véronique Hivon estime que les bases de la discussion sont déjà bien ancrées dans la société avec les premiers textes législatifs en vigueur depuis quelques années.

«Ce premier grand pas qui a été franchi vers l’aide médicale à mourir a vraiment maintenant une adhésion encore plus forte qu’à l’origine. Il y a des médecins qui étaient venus témoigner contre l’aide médicale à mourir et qui m’ont confié maintenant pratiquer l’aide médicale à mourir. Ils ne sont pas juste devenus  favorables à ce que ça existe, mais eux-mêmes ont réalisé que l’accompagnement ultime de leurs patients, même si eux avaient certaines réserves dans certains cas, ça faisait en sorte qu’ils voulaient pouvoir l’offrir. C’est un cheminement extraordinaire et (du côté de) la population aussi parce qu’elle a vu des proches qui ont eu l’aide médicale à mourir, elle a vu comment ça se faisait. La population est très rassurée et encore plus consensuelle autour de ça», a dit la députée péquiste.

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Commentaires. J’aime+++ le titre. Notre Loi a plus de 5 ans. À nous de la bonifier.

Les médias parlent vite des élargissements en vue, soit. D’abord, nous aurons besoin de faire le point sur le «cohérencement», de faire le point sur le « Bonifier la Loi» en la rendant plus cohérente, sur la «Mise à jour de la Loi». centrée sur la personne éclairée et libre en fin de vie ou rendue à la fin de sa vie, autour de la terminologie rassembleuse et inclusive des «Soins de fin de vie».

Tiens, parlons cohérence, la TOTALE!

Loi concernant les soins de fin de vie.
Commission sur les soins de fin de vie.
Commission spéciale sur l’évolution de la Loi concernant les soins de fin de vie
À VENIR :
Politique québécoise sur les soins de fin de vie.
Maisons et Unités de soins de fin de vie.
Association québécoise des soins de fin de vie (AQSFV)
Observatoire nationale sur les soins de fin de vie.
Colloque québécois sur les soins de fin de vie.

VOILÀ ce qui nous rassemble, ce qui nous unit, ce qui nous enracinera ensemble dans la noble Cause du mourir plus éclairé, plus libre, plus humain, plus noble, plus serein.