Une demande d’action collective est déposée contre le géant montréalais Pornhub

MONTRÉAL — Une Ontarienne a déposé une demande d’action collective au Québec contre l’entreprise montréalaise MindGeek, alléguant que le géant des sites pornos profitait financièrement, depuis 2007, de matériel contenant des agressions sexuelles d’enfants et de contenu non consensuel.

La femme allègue que MindGeek, la société mère du populaire site Pornhub, «a illégalement diffusé des vidéos intimes et des photos, y compris des représentations d’abus sexuels sur des enfants, des agressions sexuelles d’adultes, ainsi que des images intimes d’adultes qui n’ont pas consenti à la diffusion publique de leurs images», indique le cabinet d’avocats Siskinds Desmeules, qui mène la poursuite avec la firme Sotos Class Actions.

Selon la demande en autorisation d’instituer l’action collective, la femme reproche à MindGeek «d’avoir profité financièrement du contenu d’utilisateurs non vérifiés tout en omettant d’employer suffisamment de modérateurs de contenu correctement formés pour examiner les images sur son site Web».

Elle reproche également à MindGeek de ne pas avoir des procédures adéquates «pour filtrer et supprimer tous les abus et les contenus non consensuels qui ont été téléchargés par des utilisateurs non vérifiés».

L’action collective demandée au tribunal réclame une indemnisation minimale de 600 millions $ pour «toutes les personnes dans le monde qui, depuis 2007, ont eu des vidéos ou des photos intimes d’elles (y compris du matériel d’abus sexuels sur des enfants, des images d’agression sexuelle et des images intimes non consensuelles) affichées sans leur consentement sur un site Web appartenant ou exploité par l’une des entités MindGeek, directement ou indirectement», indique le cabinet d’avocats.

Une enquête du «New York Times» publiée en décembre alléguait que le site Pornhub hébergeait des vidéos d’agression et d’exploitation sexuelle d’enfants, ce que niait MindGeek. Visa et MasterCard ont ensuite décidé de ne plus autoriser l’utilisation de leurs cartes sur Pornhub.

Le site pornographique affirme avoir supprimé tout le contenu mis en ligne par des utilisateurs non vérifiés, et assure que sa politique garantit désormais que tout son contenu provient d’«utilisateurs vérifiés».

Pornhub se dit injustement ciblée par des groupes qui militent pour mettre fin à la pornographie et au commerce du sexe et déplore de ne pas être traitée en fonction de ses politiques ou de la façon dont elle se compare aux autres sites du même genre.

L’entreprise montréalaise fait aussi l’objet d’une poursuite intentée le 16 décembre en Californie par 40 femmes qui soutiennent que le site pornographique continue de faire de l’argent avec des vidéos qui ont été publiées sans leur plein consentement.

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