Une députée conservatrice accusée de promouvoir d’étranges théories du complot

OTTAWA — Des libéraux fédéraux accusent une députée conservatrice de promouvoir d’étranges théories du complot semblables à celles mises de l’avant par les partisans de l’ancien président américain Donald Trump.

À l’origine de ces accusations figurent la vidéo d’une réunion virtuelle de la députée de l’est de l’Ontario, Cheryl Gallant, qui a eu lieu plus tôt ce mois-ci avec un groupe de jeunes conservateurs de l’Université Queen’s de Kingston.

Dans la vidéo, Cheryl Gallant avance que les libéraux sont devenus des «radicaux» qui veulent que «toutes les drogues illicites soient légales» et que l’on «normalise l’activité sexuelle avec les enfants».

La députée libérale Jennifer O’Connell, qui a diffusé la vidéo sur Twitter, mentionne que Cheryl Gallant répand des «mensonges dégoûtants et dangereux» et affirme que ses propos alarmistes sont «une menace pour notre démocratie».

Cheryl Gallant se défend en disant que ses commentaires ont été sortis de leur contexte.

Le chef conservateur Erin O’Toole, qui a tenté de donner un visage plus modéré à son parti, a déclaré que les libéraux tentaient de détourner l’attention de leur incapacité à fournir les vaccins contre la COVID-19.

«Les Canadiens ont d’autres priorités et moi aussi», a-t-il déclaré dans une brève déclaration vendredi soir.

Dans la vidéo, Cheryl Gallant raconte comment les libéraux avaient autrefois plus de bon sens, mais sont maintenant devenus un groupe de «radicaux».

«Ils veulent que toutes les drogues illicites soient légales. Ils veulent que tout soit permis dans tous les aspects de la vie. Ils veulent normaliser l’activité sexuelle avec les enfants», a-t-elle déclaré.

Cheryl Gallant a également affirmé que les «marxistes culturels» ont «pris le contrôle de toutes les administrations universitaires» et réduisent au silence la liberté d’expression sur les campus.

Tout cela fait partie d’un programme plus large, a-t-elle expliqué.

«Les élites appellent cela la grande réinitialisation ou « reconstruire mieux » ou le « green new deal ». Les noms changent, mais l’objectif reste le même: plus de pouvoir pour les puissants et moins de liberté pour tous les autres.»

L’idée d’une «grande réinitialisation» a été lancée pour la première fois par le très respecté Forum économique mondial en appelant à des politiques post-pandémie pour réduire les inégalités sociétales.

Mais il est depuis devenu une sorte de code pour les théoriciens du complot qui y voient un complot des élites mondiales pour remplacer le capitalisme par un nouvel ordre mondial socialiste. Certains vont jusqu’à affirmer que les élites ont délibérément répandu la COVID-19 afin d’atteindre la domination mondiale.

Dans la vidéo, Cheryl Gallant se plaint que «les médias libéraux ont été achetés et payés» par le premier ministre Justin Trudeau et soutiennent maintenant le ministre du Patrimoine canadien Steven Guilbeault — qu’elle surnomme le «censeur en chef» — dans ses plans pour faire payer Google et Facebook pour le contenu d’actualité qu’ils diffusent sur leurs plateformes.

Elle avance que cela conduira les géants de la technologie à fermer leurs services au Canada, comme Facebook l’a fait en Australie. Elle suggère également que tout cela fait partie du plan de Justin Trudeau de faire taire les critiques avant de plonger le pays dans une élection.

«Pourquoi pensez-vous que Trudeau voudrait que les Canadiens soient incapables de rechercher ou de partager des nouvelles alors qu’il planifie des élections anticipées?» a-t- elle demandé.

La députée O’Connell a diffusé la vidéo sur Twitter, affirmant «qu’un autre membre de l’équipe d’Erin O’Toole faisait la promotion de folles théories du complot».

Elle a déclaré que Cheryl Gallant répandait «de la désinformation sur l’ingérence électorale» et a comparé ses propos aux  théories du complot avancées par Donald Trump sur le prétendu trucage de l’élection présidentielle de novembre dernier qui a déclenché une violente émeute au Capitole le mois dernier.

«Nous n’avons que trop clairement vu le pouvoir de la désinformation politique et des allégations de fraude électorale», a tweeté Jennifer O’Connell.

Dans une déclaration vendredi soir, Mme Gallant a affirmé que «ses commentaires sur le choix des libéraux d’abaisser l’âge du consentement avaient été sortis de leur contexte». Elle n’a fourni aucune autre justification sur ses autres déclarations et a ajouté qu’elle «ne ferait plus aucun commentaire à ce sujet».

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