Une députée trouve «honteux» de suggérer un lien entre violence et développement

OTTAWA — Une députée fédérale conservatrice de l’Alberta qualifie dans un courriel privé de «honteuse» une étude initiée par le NPD sur la relation qu’il pourrait y avoir entre le développement des ressources naturelles et l’augmentation de la violence faite aux femmes et aux filles autochtones.

L’échange a eu lieu avant une réunion, mardi, d’un comité des Communes chargé d’étudier cette relation entre violence et extraction des ressources, déjà soulignée comme une préoccupation par l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Le Comité permanent de la condition féminine des Communes, présidé par la députée conservatrice Karen Vecchio, a envoyé un courriel à certains de ses collègues conservateurs en Alberta il y a plusieurs semaines pour demander de suggérer des témoins potentiels à inviter.

Or, le courriel a été envoyé par inadvertance au Nouveau Parti démocratique. Le parti a montré à La Presse Canadienne le courriel initial ainsi qu’une réponse de la députée de Calgary Stephanie Kusie. Le 22 avril, Mme Kusie, qui ne siège pas au comité, écrit: «À mon avis, c’est honteux».

Elle suggère à sa collègue Vecchio d’inviter au comité une entreprise de ressources naturelles appartenant à des Autochtones, et elle ajoute que ces entreprises contribuent financièrement aux initiatives des Premières Nations.

Dans une déclaration mardi, Mme Kusie explique qu’elle trouvait honteux que l’étude néo-démocrate «ne reconnaisse pas les nombreuses contributions positives que le secteur des ressources naturelles a apportées aux communautés et aux intervenants autochtones».

Mme Vecchio a déclaré en entrevue qu’elle appuyait l’étude, car la sécurité des femmes et des filles est plus importante encore pour elle. Elle estime que tout impact possible du développement des ressources naturelles sur cette question devrait être exploré.

Elle rappelle aussi que les conservateurs se sont assurés d’inviter au comité des témoins qui peuvent parler de la question de la traite des personnes.

La députée néo-démocrate de Winnipeg Leah Gazan, qui siège au sein de ce comité et qui a proposé l’idée de l’étude, a déclaré que des excuses étaient appropriées.

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