Une dose d’AstraZeneca et une de Pfizer offriraient plus d’immunité, selon une étude

OTTAWA — Une étude menée au Royaume-Uni conclut qu’une dose du vaccin Pfizer-BioNTech quatre semaines après une première dose d’Oxford-AstraZeneca a produit une réponse immunitaire beaucoup plus forte que deux doses d’AstraZeneca.

Ces résultats sont similaires à ceux rapportés plus tôt cette année à partir de petites études en Allemagne et en Espagne. Ils renforceront la décision des responsables d’assortir les vaccins selon les arrivages un peu partout au Canada.

Au Canada, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a déclaré le 1er juin qu’il y avait suffisamment de preuves sur l’innocuité de l’interchangeabilité des vaccins pour recommander aux provinces de commencer à offrir le Pfizer ou l’autre vaccin à ARNm, le Moderna, comme deuxième dose aux Canadiens qui avaient reçu l’AstraZeneca en première dose. 

Le 17 juin, le CCNI est allé plus loin: les Canadiens qui avaient reçu en première dose le vaccin AstraZeneca devraient «privilégier désormais» en deuxième dose un vaccin à ARNm — Pfizer ou Moderna. Citant des «données probantes émergentes», le CCNI concluait que l’administration d’un vaccin à ARNm après l’AstraZeneca pouvait offrir une meilleure immunité, tout en éliminant les risques — extrêmement faibles — de caillots sanguins qui seraient induits par ce vaccin. Le CCNI ajoutait toutefois que deux doses d’AstraZeneca «offrent une bonne protection contre la COVID-19».

Santé Canada affirme aussi que l’AstraZeneca est toujours sécuritaire et efficace, les risques posés par la COVID-19 étant plus élevés que le risque de caillots sanguins induits par le vaccin. Le CCNI rappelle toutefois que s’il existe un ARNm disponible, on devrait maintenant le privilégier.

En conséquence, la plupart des provinces ont cessé à la mi-mai d’utiliser l’AstraZeneca en premières doses. Au cours des deux dernières semaines de mai, moins de 18 000 nouvelles doses d’AstraZeneca ont été administrées au Canada, sur plus de 5,4 millions d’injections administrées de vaccins.

L’AstraZeneca moins disponible

La plupart des provinces limitent toujours les premières doses d’AstraZeneca à ceux qui ne peuvent pas recevoir le Pfizer ou le Moderna pour une raison quelconque, comme une allergie. Mais les approvisionnements posent aussi un problème: Pfizer et Moderna ont expédié collectivement plus de 30 millions de doses depuis le début du mois de mai, tandis que le Canada a reçu environ 1,45 million de doses d’AstraZeneca.

Début juin, toutes les provinces ont décidé de commencer à offrir le Pfizer ou le Moderna comme deuxième dose à ceux qui avaient reçu l’AstraZeneca en première dose. Santé Canada affirme qu’au cours des trois premières semaines de juin, 459 000 personnes ont reçu deux vaccins différents, mais on ignore de quel mélange il s’agit — ce chiffre comprend aussi ceux qui ont reçu deux vaccins à ARNm différents.

L’étude britannique, menée à l’Université d’Oxford, là même où le vaccin AstraZeneca a été développé, révèle maintenant que le mélange de Pfizer et d’AstraZeneca, dans n’importe quel ordre, produit de meilleurs résultats que deux doses d’AstraZeneca. Par contre, l’administration de l’AstraZeneca en première dose, plutôt qu’en deuxième, générerait de meilleurs résultats encore.

Deux doses de Pfizer ont produit les meilleurs résultats d’anticorps, ces protéines qui aident à neutraliser les virus lorsqu’ils pénètrent dans l’organisme. Une dose d’AstraZeneca suivie d’une dose de Pfizer a produit les meilleurs résultats de lymphocytes T, le type de globules blancs qui attaquent les particules étrangères dans le corps, y compris les virus.

Cependant, les auteurs de l’étude préviennent que les résultats jusqu’à présent sont basés sur un intervalle de quatre semaines. Or, d’autres études ont déjà démontré que l’AstraZeneca a mieux fonctionné si la deuxième dose était administrée 8 à 12 semaines après la première. Des résultats supplémentaires, utilisant un intervalle de 12 semaines, seront disponibles en juillet.

Selon le chercheur principal de l’étude, Matthew Snape, professeur agrégé en pédiatrie et en vaccinologie à Oxford, ces résultats montrent que les vaccins peuvent être utilisés de manière interchangeable, ce qui ajoute beaucoup de flexibilité au déploiement vaccinal partout dans le monde. Leur étude examine également l’interchangeabilité du vaccin Moderna et du produit Novavax, qui n’est pas encore autorisé.

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