Une éclosion dans un bar de Québec fait trois cas dans des écoles

L’éclosion de COVID-19 au bar Kirouac, à Québec, a eu des conséquences jusque dans les écoles. Trois élèves ont contracté la maladie après que des membres de leurs familles eurent fréquenté cet établissement.

C’est ce qu’a confirmé mercredi le Dr Jacques Girard, directeur de santé publique par intérim au CIUSSS de la Capitale-Nationale, lors d’un point de presse devant servir d’avertissement à tous les Québécois.

«Il faut absolument éviter cet effet domino, a-t-il déclaré. C’est comme si des fois, on oublie que le virus est avec nous. (…) On n’est jamais à l’abri d’une rencontre avec une personne qui pourrait être porteur du virus.»

Rappelons que le 23 août dernier, plusieurs ont participé à une soirée karaoké au bar Kirouac, situé dans le quartier Saint-Sauveur et ayant une capacité maximale d’accueil de 100 personnes.

À la suite de cette soirée, 40 personnes ont contracté la COVID-19, rapporte le Dr Girard, «une proportion hautement significative», constate-t-il. 

Certaines de ces personnes ont continué de fréquenter au total six bars du coin. La santé publique a même dû forcer à coup d’ordonnance une personne à s’isoler et une autre à collaborer à l’enquête.

«Il y en a un en particulier, c’était la grande tournée, la grande virée des grands ducs, a relaté le Dr Girard. Il y en a un, vraiment, qui est allé partout.» 

Conséquence: ces 40 cas ont généré des cas secondaires, a expliqué le directeur de santé publique par intérim, qui fait un lien direct entre la soirée du 23 août au bar Kirouac et l’apparition de cas chez des élèves.

Des cas ont été répertoriés dans cinq écoles de Québec depuis la rentrée: l’école primaire les Prés-Verts, l’école primaire Jules-Émond, l’école secondaire Neufchâtel, la polyvalente de Charlesbourg et l’école secondaire Jean-de-Brébeuf.

Plus d’une centaine d’élèves ont été mis en isolement préventif.

Les résidants du quartier Saint-Sauveur sont invités à aller se faire tester pour la COVID-19 s’ils ont fréquenté un bar, qu’ils ressentent des symptômes grippaux ou non.

Québec, l’un des principaux foyers de contagion

La capitale nationale a enregistré 85 nouveaux cas de COVID-19 en une semaine, ce qui fait maintenant d’elle l’un des principaux foyers de contagion dans la province.

Dans le plus récent bilan de la santé publique, dévoilé mercredi, 23 cas positifs se sont ajoutés à Québec au cours des dernières 24 heures.

À titre comparatif, la région comptait la semaine dernière seulement entre deux et quatre nouveaux cas par jour. Cet été, le CIUSSS de la Capitale-Nationale recensait en moyenne 23 nouveaux cas par semaine.

Mardi, le Dr Girard a sonné l’alarme en signalant 31 nouveaux cas positifs en 24 heures, soit neuf de plus que sur l’île de Montréal, qualifiant la situation de «préoccupante». 

Il comptait notamment 30 cas cumulés au bar Le Kirouac. L’établissement a annoncé qu’il demeurera fermé jusqu’au 10 septembre.

«On ne sait jamais si vous contractez la maladie comment vous allez réagir», a tenu à rappeler le Dr Girard en point de presse, mercredi.

Éviter le karaoké, dit Arruda

L’expert en santé publique lance un avertissement tout particulier aux amateurs de karaoké. Selon lui, il s’agit d’une activité «fortement à risque» qui doit être évitée.

«Personnellement, je n’irais pas dans un karaoké», a déclaré le Dr Girard, en expliquant que le fait de chanter et de partager un micro multiplie les chances d’attraper la COVID-19.

Selon lui, une personne qui chante ou qui crie envoie des gouttelettes dans l’air à plus de deux mètres de distance. Lors d’une activité pareille, il est aussi difficile de respecter la distanciation sociale, a-t-il ajouté.

«Tous ces facteurs-là ensemble, ça a été un véritable cocktail explosif (au bar Kirouac).»

Interrogé à savoir s’il fallait interdire le karaoké dans les bars, ou carrément fermer les bars, le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, a déclaré qu’il ne fallait pas «pénaliser tout le monde».

Mais, en point de presse au Saguenay—Lac-Saint-Jean, il a invité les Québécois à ne pas participer à des activités de karaoké, ou à le faire de manière virtuelle, sur les plateformes Zoom et Skype, par exemple.

«Voyez-vous, ce genre d’événement-là communautaire vient introduire le virus dans nos écoles, s’est-il désolé en parlant du Kirouac. C’est pour ça que c’est très important de faire attention.»

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