Une étude associe santé buccale et les cancers de la bouche et de l’estomac

MONTRÉAL — Une mauvaise hygiène buccale semble augmenter le risque de souffrir d’un cancer de la bouche ou de l’estomac, démontrent des travaux réalisés par des chercheurs de l’Université Harvard.

Cette recherche s’ajoute à toutes celles qui, depuis quelques années, établissent des associations entre la santé de la bouche et des problèmes ailleurs dans l’organisme.

«Depuis quelques années, la santé buccale a retrouvé une place importante dans la santé globale, a rappelé la professeure Fatiha Chandad, qui dirige le Groupe de recherche en écologie buccale de l’Université Laval. Il y a de plus en plus d’études qui établissent une association ou un risque de la santé buccale pour d’autres désordres qui peuvent affecter le corps humain, ailleurs dans d’autres organes.»

Le diabète, l’arthrite et les accouchements prématurés ne sont que quelques-uns des problèmes de santé qui ont parfois été associés à une mauvaise santé buccale.

Dans ce cas-ci, les scientifiques ont suivi quelque 150 000 personnes pendant plus d’une vingtaine d’années. Ils ont constaté que le risque de cancer de l’œsophage augmentait de 43 % et celui de cancer de l’estomac de 52 % chez les sujets ayant une histoire de maladie parodontale.

Le risque était encore plus prononcé chez les sujets qui avaient perdu des dents.

«La maladie parodontale est une maladie inflammatoire chronique, a dit la docteure Chandad. À tous les jours, il y a une sécrétion de ces médiateurs qui s’en vont dans la circulation, et ce sont ces mêmes médiateurs qui influencent toute sorte d’organes.»

Elle souligne par contre que la nouvelle étude trace une «association» entre la maladie parodontale et les cancers de la bouche ou de l’estomac, et qu’il n’est pour le moment aucunement question d’un lien de causalité. Il reste ainsi plusieurs zones d’ombre à éclairer.

Dans un premier temps, poursuit la docteure Chandad, même les experts peinent à s’entendre sur la définition de «maladie parodontale». Puisque les participants à cette étude ont eux-mêmes témoigné de leur santé buccale, il est difficile de savoir s’ils en souffraient vraiment.

Également, le plus important facteur de risque pour la maladie parodontale est le tabagisme. Puisqu’il est certainement inutile de rappeler ici les liens qui unissent aussi tabagisme et cancer, on peut se demander si le cancer dont ont souffert les sujets fumeurs était attribuable à leur tabagisme ou à leur mauvaise hygiène buccale.

«Il reste que des études comme celle-là sont très importantes et que ça nous permet d’accumuler des données», a dit la docteure Chandad.

Les chercheurs ont publié dans le journal Gut une lettre scientifique qui rend compte de leurs résultats.

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