Une étude en Ontario suggère une hausse de cancers de la peau autres que le mélanome

TORONTO — Une étude menée par des chercheurs de Toronto indique que la prévalence de types de cancer de la peau autres que le mélanome est à la hausse en Ontario — une augmentation de 30 % de 2003 à 2017, après une période de déclin.

Des scientifiques de l’Université de Toronto et du Women’s College Hospital ont analysé sur une période de 20 ans les données de l’Institute for Clinical Evaluative Sciences (ICES) en Ontario sur deux types de cancers de la peau qui ne sont pas des mélanomes: les carcinomes basocellulaires et spinocellulaires.  

Ces types de cancers se forment dans les cellules des couches inférieures (cellules basales) ou supérieures (cellules squameuses) de la peau, par opposition aux cellules productrices de mélanine, plus profondes dans l’épiderme, qui ont tendance à donner des cancers plus graves.

Selon l’étude ontarienne, en 2017, le taux d’incidence a atteint 369 pour 100 000 hommes et 345 pour 100 000 femmes. Les auteurs de l’étude ont rappelé que les cancers de la peau autres que le mélanome sont les tumeurs malignes les plus courantes au Canada et «peuvent causer des maladies importantes et affecter la qualité de vie», malgré un faible taux de mortalité. 

Mais l’étude prévient également que les taux annuels de mortalité pour le cancer de la peau ont augmenté en 20 ans: ils ont pratiquement quintuplé, pour atteindre 30,53 décès pour 100 000 en 2017, contre 6,39 décès pour 100 000 en 1998.

Alors que la plupart des décès sont survenus chez des adultes de plus de 65 ans, l’étude a révélé que le taux d’incidence annuel de nouveaux cas était le plus élevé chez les personnes de moins de 35 ans.

L’un des coauteurs de l’étude, le dermatologue et chirurgien du cancer de la peau An-Wen Chan du Women’s College Hospital, avait remarqué que les taux de la maladie semblaient augmenter, ce qui a conduit son équipe à examiner plus attentivement les données disponibles en Ontario. 

«Nous avons constaté que les taux de cancer de la peau augmentaient le plus rapidement chez les jeunes, en particulier chez les femmes plus jeunes. Nous avons également été surpris par la rapidité avec laquelle les taux de mortalité semblaient augmenter sur 20 ans – une augmentation moyenne de huit à neuf pour cent par année», dit-il. 

Les cabines de bronzage ?

L’étude, publiée lundi dans le Journal de l’Association médicale canadienne, a révélé que le taux d’incidence était plus élevé chez les femmes de moins de 55 ans et chez les hommes de 55 ans ou plus. Elle a également révélé que les taux de cancers de la peau autres que le mélanome augmentaient plus rapidement chez les femmes âgées de 45 à 64 ans que chez les hommes de la même tranche d’âge.

Les taux de cancer de la peau autres que le mélanome avaient diminué au début de la période d’étude de 1998 à 2003, avant de s’inverser au cours des 14 années suivantes. L’étude suggère que la première période de déclin pourrait être due aux campagnes de prévention du cancer de la peau dans les années 1980 et 1990, tandis que les augmentations ultérieures pourraient être liées à la popularité des cabines de bronzage et d’autres comportements au soleil.

L’exposition au bronzage est plus élevée chez les jeunes femmes et diminue avec l’âge, a souligné le docteur Chan. Mais les femmes sont également plus susceptibles que les hommes d’examiner leur peau, ce qui pourrait conduire à un diagnostic plus précoce.

La Fondation canadienne du cancer de la peau explique que les cancers autres que le mélanome peuvent se présenter sous la forme de plaies persistantes qui ne guérissent pas, de plaques rougeâtres, de bosses brillantes ou d’excroissances ressemblant à des verrues, pouvant parfois saigner, selon le type.

Le docteur Chan estime que les taux croissants d’incidence et de mortalité de ces cancers de la peau autres que le mélanome sont préoccupants.

Même si la période d’étude s’est terminée en 2017, le docteur Chan ne voit pas pourquoi cette tendance aurait changé au cours des quatre années suivantes. Par ailleurs, les taux d’incidence et de mortalité pourraient continuer à augmenter si la pandémie de COVID-19 entrave la détection et le traitement précoces chez certains patients, a-t-il ajouté.

«Nous voyons des patients atteints de tumeurs plus grosses et plus avancées se présenter pour un traitement à un stade ultérieur», a-t-il déclaré.

Le docteur Chan croit que les gouvernements et les intervenants devraient envisager davantage de campagnes d’information sur la crème solaire et les vêtements de protection, et exhorter les citoyens à consulter un médecin lorsqu’ils ont des «lésions cutanées suspectes».

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.