Une étude montréalaise sur l’auto-dépistage du VIH se révèle prometteuse

MONTRÉAL — À la veille de la Journée mondiale de lutte contre le sida, des chercheurs montréalais ont dévoilé vendredi des résultats prometteurs au terme d’une étude sur l’autodépistage du VIH dans les populations les plus à risque.

L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) et des collaborateurs de la Clinique médicale l’Actuel de Montréal ont testé une application mobile permettant aux utilisateurs de dépister le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

La recherche a été effectuée entre 2016 et 2017 auprès de 451 hommes âgés de 18 à 73 ans ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes. Les participants à l’étude s’étaient présentés à la Clinique médicale l’Actuel de Montréal pour subir un test de dépistage du VIH.

Les chercheurs leur avaient fourni un test de salive, ainsi qu’une tablette avec l’application «HIVSmart!». Cette plateforme expliquait aux participants comment effectuer le test et de quelle manière stocker les données, et ils étaient rapidement mis en contact avec des professionnels de la santé.

Les auteurs de l’étude ont conclu que ces tests de dépistages étaient «réalisables et acceptés», en plus d’être intéressants pour les populations à risque, dont les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes — on estime que 18 à 25 pour cent de ces patients ne sont pas au courant de leur statut VIH.

Dans un communiqué, le docteur Réjean Thomas souligne que l’application pourrait être utile pour les patients des régions, qui pourraient hésiter à effectuer le test pour des raisons de confidentialité.

«C’est une stratégie qui convient aux personnes qui préfèrent se tester à leur convenance dans le confort d’un espace privé tel que leur maison, leur bureau ou leurs kiosques. Elles ont le sentiment de prendre les choses en main», a ajouté la docteure Nikita Pant Pai.

Au terme de l’étude, plus de 99 pour cent des participants ont reçu un résultat négatif et ont été accompagnés par la suite. De plus, 0,7 pour cent des participants qui ont obtenu un test positif ont pu consulter un médecin le même jour.

Le docteur Thomas souligne la nécessité d’élargir l’accessibilité aux tests auprès des populations à risque, qui comprennent également les utilisateurs de drogues injectables, les populations autochtones et les immigrants originaires de pays où le VIH est endémique.

«À l’heure actuelle, nous avons tous les moyens d’éradiquer le VIH. HIVSmart! est un outil innovant qui sans aucun doute permettra d’y contribuer», a-t-il conclu.

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