Une femme qui avait proféré des menaces participe à un cercle de médiation

LE PAS, Man. — Une non-Autochtone arrêtée dans le nord du Manitoba relativement à des menaces proférées en ligne contre les Autochtones a profité du système de justice réparatrice pour leur demander pardon.

Destine Spiller a offert ses excuses à des aînés et dirigeants autochtones lors de la dernière séance d’un «cercle de médiation», jeudi à Le Pas. Les participants ont pleuré et prié ensemble, en se tenant la main. La dame, repentante, a soutenu qu’elle avait lancé ses appels à la violence sous le coup de la colère et réalisé trop tard que ces propos étaient blessants.

Mme Spiller et une autre femme avaient été arrêtées parce qu’elles étaient soupçonnées d’avoir proféré des menaces et incité publiquement à la haine, dans des commentaires apparus sur Facebook à l’été de 2018. Un compte Facebook au nom de Spiller avait publié des photos d’une voiture vandalisée à Flin Flon, au Manitoba, et proposait en représailles d’organiser une journée «Tirez un Indien».

Les deux femmes n’ont pas été formellement accusées: le ministère de la Justice a plutôt confié le dossier au Centre de justice réparatrice, qui a organisé des cercles de médiation avec les Premières Nations du nord du Manitoba. Selon Christian Sinclair, chef de la nation crie d’Opaskwayak, ce serait la première fois au Canada qu’un délinquant allochtone est déféré à un cercle de médiation autochtone.

Lors de la première séance du cercle, il y a un an, Mme Spiller a dû lire les messages Facebook aux participants autochtones — des membres de la communauté. Elle a ensuite eu un an pour remplir sept conditions fondées sur les lois, les valeurs et les traditions cries. Elle a aussi effectué 80 heures de travaux communautaires dans un centre d’amitié autochtone, a suivi un programme de gestion de la colère et a dû en apprendre davantage sur l’histoire des Premières Nations au Canada.

Mme Spiller soutient qu’elle ne peut plus travailler au Manitoba, sa province natale, à cause du tollé soulevé par les commentaires sur Facebook; elle a perdu son emploi dans un salon de coiffure de Flin Flon et vit maintenant en Alberta. «Vous pouvez être sûr que j’ai appris une leçon de vie très précieuse et que je m’en souviendrai pour le reste de mes jours», a-t-elle dit.

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