Une femme trans remporte une victoire en Colombie-Britannique

VANCOUVER — Une femme trans de Vancouver qui avait déposé une plainte des droits de la personne relativement à une campagne publicitaire qui affirmait que le transgenrisme est impossible a remporté une victoire.

Morgane Oger avait défendu les couleurs du Nouveau Parti démocratique lors de l’élection de 2017 en Colombie-Britannique.

Dans une décision dévoilée mercredi, le Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannioque écrit que le militant chrétien William Whatcott était déterminé à bloquer son élection uniquement parce qu’elle était transgenre, sans avoir fouillé sa plateforme ou ses positions.

Il rappelle que M. Whatcott avait créé et distribué 1500 dépliants décrivant Mme Oger comme un «mâle biologique qui s’est rebaptisé (…) après avoir épousé un mode de vie transgenre».

M. Whatcott s’était inquiété de la promotion et de la croissance «de l’homosexualité et du transvestisme», en plus de décrire le transgenrisme comme une «impossibilité» qui constituait un péché.

Le panel de trois membres a conclu que le comportement de M. Whatcott violait le code des droits de la personne puisqu’il était discriminatoire et qu’il risquait d’exposer Mme Oger et d’autres transgenres à la haine et au mépris.

Il a ordonné à M. Whatcott de verser 55 000 $ en coûts et dédommagements à Mme Oger.

L’arbitre Devyn Cousineau écrit que la discrimination à l’endroit de Mme Oger était grave, intentionnelle et conçue pour interférer avec sa participation à la vie politique.

«Elle s’inspirait des mythes et stéréotypes les plus insidieux concernant les transgenres et demandait à l’électorat de conclure que Mme Oger, de par sa seule identité de genre, n’était pas apte au service public, peut-on lire dans la décision. J’en viens à la conclusion que l’effet du dépliant a été d’exposer Mme Oger à la haine et au mépris. C’est sans aucun doute une forme grave et dommageable de discrimination.»

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