Une forte majorité populaire soutient les manifestants contre le racisme

MONTRÉAL — Au moment où les manifestations se multiplient à travers le monde pour réclamer la fin du racisme et des violences policières, il semble que le mouvement puisse compter sur un fort soutien populaire.

Selon les résultats d’un sondage mené par Léger et l’Association d’études canadiennes, dévoilés mardi, une importante majorité de 72 % de Canadiens, dont 71 % de Québécois, dit soutenir les manifestants dans le mouvement mondial contre le racisme. Ce sont les 18-34 ans qui sont les plus favorables avec 78 % d’appuis.

Dans le camp opposé, les forces policières pointées du doigt pour des actes de brutalité, de profilage racial et même de gestes ayant causé la mort de personnes noires, on reçoit tout de même l’appui de 39 % de Canadiens, dont 41 % de Québécois. Il est important de souligner que des répondants ont indiqué soutenir les deux côtés du conflit.

Toutefois, en ce qui concerne le problème en soi, un système profondément enraciné dans le racisme, il n’y a que 50 % de Canadiens, dont 51 % de Québécois, qui estiment que la situation est vraiment sérieuse au sein des forces policières. Chez les 18-34 ans et chez les personnes racisées, on atteint respectivement 60 % et 61 %.

Lorsque l’on aborde la question du racisme systémique dans l’armée, chez les employeurs ou dans leur quartier, la perception du public change drastiquement au Canada comme au Québec.

Seulement 38 % de Québécois croient que le racisme systémique est présent dans les rangs militaires, puis 32 % l’estiment présent chez les employeurs et à peine 26 % pensent que le racisme se manifeste dans leur quartier.

En contrepartie, si l’on interroge les personnes racisées qui subissent les effets de ce racisme elles sont 47 % à le percevoir dans les rangs militaires, 46 % à l’observer chez les employeurs et 35 % à le constater dans leur quartier.

L’enquête de Léger et de l’Association d’études canadiennes a également sondé des citoyens américains et demandé aux répondants canadiens de se prononcer sur leur perception de la situation aux États-Unis.

Au sud de la frontière, le soutien du public envers les manifestants est moins fort avec 63 % d’appuis contre 55 % d’appuis pour les forces policières. Les Américains sont aussi 38 % à soutenir la réaction du président Donald Trump dans le dossier. Ce dernier ne récolte qu’un maigre 9 % d’opinions favorables de la part des Canadiens.

Des milliers de personnes ont marché dans les rues de Montréal, dimanche, pour dénoncer le racisme systémique ainsi que la violence policière. Des mobilisations populaires semblables ont eu lieu dans un grand nombre de communautés à travers le pays dont dans plusieurs villes de la province comme Québec, Trois-Rivières et Sherbrooke.

Le sondage a été réalisé entre le 5 et le 7 juin, auprès de 1523 Canadiens et 1001 Américains.

Puisque la méthode d’échantillonnage des répondants en ligne est non probabiliste, il n’est pas possible de mesurer la marge d’erreur.

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Ah, sondage Léger, relatif au racisme? Ça tombe bien, je vais en avoir deux autres à rappeler de cette maison, sur ce même sujet, il y a cinq et treize ans.

J’ai été on ne peut plus frappé ce matin à la lecture d’un passage précis d’une lettre d’opinion in Le Devoir*, se trouvant à reproduire, quasi mot pour mot, une exclamation entendue dans un cégep, il y a 22 ans, — (lors de mes observations participantes aux fins de mon mémoire de maîtrise), à propos d’un professeur de surcroît: « On est au Québec icitte, on parle français » ! La seule ‘différence’ étant que le prof avait dit, lui: « On parle françA, icitte ! ». Suscitant mépris d’étudiant.e.s d’« origines ‘ethniques’ », concluant: « On parle le français mieux qu’eux! » [i.e. que les Québécois français].

Si bien que, comme enchaîne pertinemment le commentateur du Devoir, « l’impression générale est justement que le français du Québec n’est pas digne d’être appris. » N’était-ce pas là, incidemment, le triste constat auquel en était également arrivé Frère Untel, à propos de la même chose et de la même gent, il y a soixante ans?…

Étrange, n’est-ce pas, que, la religion ayant été ‘discartée’ comme caractère identitaire de la québécité (française), et ne restant, donc, que la langue; que celle-ci importe si peu pour la nation censée s’en ‘enorgueillir’. Importe si peu qu’on n’y parviendrait guère à s’entendre sur le sens des mots, les plus importants même.

Ces temps-ci, en effet, il semble impossible, au pays du Québec, de comprendre ce que veut dire, par exemple, en français (québécois), ‘systémique’. Il y aurait là quelque chose d’«insurmontable». Pourtant…

Une chroniqueuse de La Presse en cite aujourd’hui la définition de la Direction générale de l’action contre le racisme de l’Ontario : « Le racisme systémique se manifeste lorsqu’une institution, ou un ensemble d’institutions agissant conjointement, crée ou maintient une iniquité raciale. Cette attitude n’est pas toujours intentionnelle et ne signifie pas nécessairement que le personnel au sein d’un organisme concerné est raciste. »

Ce ne peut être plus clair. Les tout derniers mots l’expriment de manière retentissante. Le personnel, les personnes mêmes, elles, peuvent ne PAS l’être – racistes. ‘Racisme systémique’ signifie que c’est un… système qui est… raciste! Qu’y a-t-il donc d’incompréhensible en cela? C’est d’ailleurs là même ce qui a été conclu l’an dernier, par le pdg du CIUSSS-Estrie-CHUS, que personne n’était à blâmer relativement au martyre de ‘la Petite’ à Granby, mais seulement un système.

Demeure qu’il semble qu’on aurait des « problèmes » au Québec. Tant quant à l’arithmétique# des choses, qu’eu égard à leur gestion, administration ou organisation. Comme l’illustrait courageusement hier l’éditorialiste du Devoir.** Et comme l’avait fait quatre ans plus tôt un chroniqueur de La Presse sur le même thème: « La médiocrité tranquille ».***

Côté #comptabilité du racisme, il y a cinq ans, selon un sondage Léger…, 20% des Québécois disaient se considérer racistes. Huit ans plus tôt (en 2007), trois fois plus (59%) de Québécois auraient partagé au même sondeur se considérer alors (plus ou moins) racistes. Soit, donc, au rythme olympique où décroîtrait le racisme au Québec, il ne devrait quasi plus en subsister maintenant…; ou on éprouverait énormément de difficulté à en cerner le sens commun.

* https://www.ledevoir.com/opinion/idees/580425/sommes-nous-qui-nous-croyons-etre

** https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/580370/services-publics-le-modele-prend-l-eau

*** https://plus.lapresse.ca/screens/148c3155-8a8b-4702-b97f-621aefdc25ce__7C___0.html

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