Une hausse proposée de 14 % sur deux ans des tarifs d’électricité en Nouvelle-Écosse

HALIFAX — Le service public d’électricité de la Nouvelle-Écosse a accepté le règlement proposé par les représentants de ses clients pour une augmentation des tarifs de 13,8 % sur les deux prochaines années.

Si cette proposition était approuvée par la Régie des services publics de la province, les tarifs d’électricité augmenteraient de 6,9 % par année en 2023 et en 2024 — soit la hausse de tarifs la plus élevée qui pourrait être autorisée en vertu du plafond récemment imposé par le gouvernement progressiste-conservateur de Tim Houston.

L’essentiel de ces augmentations viserait à couvrir la hausse des coûts des carburants pour les centrales de l’entreprise Nova Scotia Power, tandis qu’environ 1,8 % de l’augmentation totale serait consacrée à rendre le réseau plus résilient.

«Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une période difficile pour les Néo-Écossais, et une grande attention doit être accordée aux préoccupations actuelles concernant l’augmentation du coût de la vie, tout en veillant à ce que nous répondions aux besoins les plus élémentaires d’un système électrique fiable», a indiqué jeudi soir Peter Gregg, directeur de l’entreprise, dans un courriel.

Nova Scotia Power, filiale du groupe Emera, soutenait au début du mois que le plafonnement des hausses de tarifs imposé par le gouvernement compromettrait l’objectif de la Nouvelle-Écosse de fermer les centrales au charbon d’ici 2030 et retarderait le passage aux énergies renouvelables dans la province.

L’accord permettrait également à l’entreprise privée de services publics de demander à la Régie de recouvrer les dépenses à la suite des violentes tempêtes qui ont frappé les provinces de l’Atlantique. Nova Scotia Power pourrait alors présenter une demande à la Régie si les coûts associés aux violentes tempêtes dépassaient 10,2 millions $ en 2023, 10,4 millions $ en 2024 et 10,4 millions $ en 2025.

La proposition de règlement a été acceptée par des représentants de clients résidentiels, de petites entreprises, de clients industriels et institutionnels, de l’Ecology Action Centre, de l’Affordable Energy Coalition et des quatre services publics municipaux.

Comme les coûts liés à la tempête post-tropicale Fiona n’ont pas encore été révélés publiquement, on ignore par ailleurs quel impact ils auront sur les tarifs à court ou à long terme.

Bill Mahody, représentant des consommateurs lors des pourparlers avec l’entreprise, a indiqué dans un courriel que le recouvrement de ces coûts «nécessiterait une demande extraordinaire de Nova Scotia Power».

«Si une telle demande extraordinaire était faite et si la Régie était prête à y accéder, une des options serait de créer un ‘compte de charge reportée’ (…) pour récupérer ces sommes lors d’une autre demande de hausses de tarifs», écrit-il.

En 2019, l’ouragan Dorian avait coûté environ 39 millions $, et les dirigeants de Nova Scotia Power ont suggéré que Fiona a causé plus de dégâts encore.

Pendant ce temps, plus tôt cette semaine, l’agence de notation de crédit S&P Global a abaissé la cote des obligations de Nova Scotia Power de BBB+ à BBB-, en invoquant la décision du gouvernement de limiter les hausses de tarifs d’électricité. L’agence a déclaré que les limites de hausse des tarifs augmenteraient les risques commerciaux du service public.

Le premier ministre Houston a déclaré jeudi aux journalistes qu’il était convaincu qu’il s’agissait d’une bonne politique publique.

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