Une infirmière est congédiée après avoir donné de l’ocytocine

MONCTON, N.-B. — Une infirmière soupçonnée d’avoir donné de façon inappropriée un médicament à deux femmes enceintes pour provoquer leur accouchement a été congédiée et fait actuellement l’objet d’une enquête policière, a annoncé samedi un hôpital de Moncton.

Par voie de communiqué le Dr Ken Gillespie, chef du personnel de l’Hôpital de Moncton, a indiqué que les deux femmes avaient eu besoin d’une opération chirurgicale d’urgence après avoir reçu le médicament.

Les deux mères ont accouché par césarienne, a-t-il ajouté.

Le Dr Gillespie a raconté que l’établissement avait mené une enquête interne dont les conclusions ont mené au renvoi de l’infirmière. La Gendarmerie royale du Canada a ensuite été mise au courant de cette affaire.

Les patientes et les familles ont été informées. Le Dr Gillespie a dit que les mères et les bébés se portaient bien.

L’ocytocine est une hormone naturelle qui provoque des contractions de l’utérus, accélère le travail et peut aider à contrôler les saignements après l’accouchement. Son utilisation nécessite toutefois une surveillance étroite, car elle peut notamment affecter la fréquence cardiaque fœtale.

«Le travail peut progresser trop rapidement, rendant les contractions difficiles à gérer sans médicament contre la douleur, indique l’Association américaine de la grossesse. Le recours à l’ocytocine peut devoir être interrompu si les contractions deviennent trop puissantes et trop rapprochées.»

D’autres recherches indiquent que le médicament peut provoquer une déchirure de l’utérus, avec des conséquences potentiellement catastrophiques.

Le Dr Gillespie a qualifié la situation d’inquiétante et s’est excusé au nom du Réseau de santé Horizon, qui exploite l’Hôpital de Moncton et 11 autres établissements hospitaliers, ainsi que plus de 100 cliniques au Nouveau-Brunswick.

«Ce n’est pas une situation qu’un nouveau parent veut vivre, a-t-il reconnu. Notre objectif est de toujours fournir des soins sûrs et de qualité à tous nos patients et à leurs familles. C’est pour cette raison que cet incident est si troublant pour tout notre personnel.»

À la lumière de l’enquête en cours à la GRC, l’hôpital a déclaré qu’il ne donnera aucune information supplémentaire sur l’infirmière, dont les actes présumés auraient été rapportés aux autorités de réglementation.

«Nous avons estimé qu’il était important de divulguer cette information, a dit le Dr Gillespie. Mais nous ne voulons pas compromettre l’enquête.»

La GRC n’a pas immédiatement répondu à une demande d’entrevue samedi.

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