Une lettre de l’ex-soldat Lionel Desmond lue à l’enquête sur les meurtres

PORT HAWKESBURY, N.-É. — Une enquête sur les circonstances dans lesquelles un ancien soldat canadien a tué ses proches et s’est enlevé la vie en 2017 a entendu des extraits d’une lettre qu’il a écrite en 2015 décrivant en détail ses problèmes de santé mentale.

La lettre de Lionel Desmond a été lue à haute voix dans la salle d’audience, mardi, par sa sœur cadette Cassandra, qui a aidé à mener une campagne pour la création de l’enquête provinciale.

Au moment de la rédaction de la lettre, l’ancien combattant de la guerre en Afghanistan venait d’être libéré de l’armée pour raisons médicales, après avoir reçu un diagnostic de syndrome de stress post-traumatique grave en 2011.

Le 25 juillet 2015, M. Desmond a soumis une lettre manuscrite demandant des prestations d’invalidité à Anciens Combattants Canada, affirmant qu’un programme de réadaptation auquel il avait participé avant de quitter l’armée ne servait à rien.

M. Desmond dit être confus, en colère et stressé par le manque de soutien, et il se plaint que l’armée «aggrave» l’état des soldats et contribue à des taux de suicide plus élevés.

De plus, M. Desmond a fourni des comptes rendus de trois blessures à la tête distinctes qu’il a subies au cours de son entraînement militaire, alors qu’il servait en Afghanistan en 2007 et après avoir sauté d’un avion en 2008.

Le 3 janvier 2017, il a acheté un fusil et a tué par balle sa femme de 31 ans, Shanna, leur fille de 10 ans, Aaliyah, et sa mère, Brenda, avant de se suicider dans leur maison à Big Tracadie, en Nouvelle-Écosse.

L’enquête sur les décès, qui a repris mardi après une interruption de 11 mois, examine si M. Desmond avait accès à des services de santé mentale et de prévention de la violence conjugale et s’il aurait dû être capable d’acheter un fusil le jour des meurtres.

L’enquête cherche également à savoir si les prestataires de soins de santé et de services sociaux avec lesquels il a eu affaire étaient formés pour reconnaître les traumatismes liés au stress opérationnel ou la violence conjugale.

Lors d’audiences au début de 2020, l’enquête a permis d’apprendre que M. Desmond n’avait reçu aucun traitement dans les quatre mois précédant la fusillade mortelle.

Après 17 jours de témoignages, l’enquête a été suspendue en mars peu après l’arrivée de la pandémie de COVID-19.

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